Miss MiscellaneaCorine

Miss MiscellaneaCorine

Lucien-Edouard

 

 

3 jours, des heures au grenier, le vôtre, Mamie et toi, puis celui de votre fils. 3 jours, une rencontre.

Toi, le fameux grand-père... Nous nous sommes vus sans nous connaître, arrêtés dans notre fréquentation à l'âge où ma mémoire n'avait pas la capacité d'enregistrer pour les années qui allaient suivre. Je n'ai aucun souvenir de ton visage devant moi.

"Papy Edouard", arrêté dans une de ses passions : la vie.

 

Tu m'as hantée, non pas obsédée, mais tu prends plus de place avec ces temps de deuil de ton fils, ces mois qui s'égrainent sans que l'on ait le temps de voir les saisons. Et c'est l'été. Depuis quelques années, aucun 30 juin ne m'est indifférent. 

Je n'ai jamais, dans la mienne, de vie, eu à brasser autant de choses, de papiers, d'objets, de dossiers pour un déménagement, tu sais Papy. Je n'ai jamais été celle qui trie de peur qu'on jette trop ce qui n'est pas à moi. Personne de notre famille n'habitera plus ici. 

Je suis soudain le gardien inexpérimenté d'un temple de plusieurs générations.

T'es d'accord ? Classer l'ordre d'importance de ce que l'on jette soi, ça peut encore aller, mais trier ce qui appartenait aux autres... C'est délicat. Ca tombe encore sur moi. Enfin non, c'est pas vrai. J'ai voulu voir et qu'on ne fasse pas n'importe quoi contre lequel on ne pourra (encore) plus jamais revenir en arrière.

 

Je fais connaissance avec toi plus directement par la lecture de lignes de ta main, par le toucher.

Je te redoute et j'ai envie de te rencontrer. J'ai tant entendu parler de toi et chuchoter sur toi plus encore. J'ai écrit quelques lignes que je n'inclus pas ici (on y serait encore dans 2 jours). Une autre raison est que je ne suis pas sûre de tout.

Peu importe si ce que je relate ici est inapproprié à un blog, ne plaît pas en revanche. Ou trop long. Car c'est un excès de pression que j'essaie de calmer par l'écrit après être passée par la parole et pas trop comprise. Je suis « une grande sentimentale ». C'te bonne blague ! Ben oui et bon ?!

Je savais que tu avais été radio au service national, j'ai vu beaucoup de photos de pays étrangers où on ne va pas vraiment en vacances. Pétard 2 ans obligatoires, le service ! On savait vivre à l'époque. Tu as dû "fulminer" !

 

Je m'en doutais, au poids. De belles épreuves photographiques sur verre, de paysages, de proches et d'amis, vu le nombre. J'espère que tu as tout fait développer. Je les lève devant l'ampoule, un œil plissé. Que ne faisais-tu pas ? Je le savais, mais le savoir théorique enseigne peu en cette matière. Tu es de ceux qui ont profité au maximum de ce que ce changement de siècle offrait à votre faim de connaissances.

 

J'ai trouvé le tout petit calepin de 12 cm de ton service militaire écrit au crayon à papier, de temps en temps à l'encre, d'une minuscule écriture. Je te lis difficilement. L'espacement entre les dates, sur 12 cm, te laisse à peine plus de 5 cm/jour pour noter. Une description ou un roman étaient impossibles ! Une demi-ligne sur ton activité de radio. Tu es très bref, tu ne cherches pas à rajouter de lignes sur le côté comme je l'aurais fait. J'ai assurément tiré mon sens de la concision de toi. :-) 

Tu écris souvent sur la météo, le rythme du temps (lever, coucher), de ce qui se passe bien, de l'importance de la liberté 1 journée entière. Je ne sais pas si tu t'es rendu compte que tu as écrit 2 fois le mot en 2 phrases. "Libre".

Tu notes les jours où tu envoies des lettres, ceux où tu en reçois.

L'heure tardive de ton sommeil excessif, "levé à 9 h", m'a fait rire. Je me souviens de ce qu'on m'a toujours rapporté comme étant un de tes leitmotivs : "l'avenir est à ceux qui se lève tôt" (encore un atavisme !!!). Je sais que tu le tenais en haute estime et en pratique. Une annonce de voiture à vendre sur le journal dans tes années fertiles ne t'avait pas échappé à l'aube ; tu avais remporté l'affaire. Toujours en éveil, en action. La voiture n'est qu'un exemple.

 

J'en reviens au mini-calepin. Je lis tes jours de "tôle" sans regret, certainement dû à ton fort caractère.

Beyrouth est une étape.

Homs et Palmyre une autre.

 

Tiens, il y a celle-là ( de 1922, dis donc !) :

02/04/1922 :

« Aujourd'hui levé très tard : 9 h mais nous ne pouvons pas sortir ma section est de piquet d'incendie cela fait que nous sommes consignés toute la journée. Cela fera 3 dimanche que je ne sors pas. Heureusement qu'il ne fait pas beau. Le temps est triste et couvert on dirait un vieux jour d'hiver de France.

(...)

je profite de cette journée pour écrire chez moi. »

 

 

Je tourne les pages. Je plonge et j'oublie presque où je suis et le mirage de l'espace/temps qui nous sépare. Il va falloir les protéger, certaines sont presque effacées. Je lis malgré tout sur la moins nette qu'il a fait une belle journée.

Je crois savoir que tu préférais penser les verres à moitié pleins qu'à moitié vides. Une belle journée, la peau au soleil, l'horizon sous tes yeux.

 

 

Entre tous ces dossiers, des cartes d'enfance de ton épouse, de votre jeunesse, les lettres aimantes de votre fils, je lis la vie de votre trio quand personne, ni ma mère, ni leur fils, ni moi n'existions. J'ignorais le goût de mon père pour le théâtre ! Pourquoi ne me l'a-t-il pas dit ? Lui qui parlait de mon imagination et savait mon goût pour la comédie ? Je souris de ses observations qu'il vous rapporte. Il était si jeune et fonçait, heureux de tout.

Et puis, qu'est-ce que je croyais ? On ne s'écrit pas. Je ne vois rien d'autre, de toi, que des notes, des lettres administratives, pas de carte de vacances écrite par toi conservée par quiconque. J'aurai peut-être une belle surprise, mais pour le moment pas.

Sous ces pièces d'histoire familiale, c'était trop beau, je suis tombée sur un grand carton blanc tenu par deux gros élastiques. Je l'ai ouvert. Nous y voilà... j'aperçois des cartes de visite à tranches noires dans une chemise de carton. On était trop heureux avec ton carnet, ces photos et ces lettres. Ca ne pouvait pas durer. C'est plein d'enveloppes vides (?), de lettres fournies, de cartes entassés qui s'épanchent sur ce dernier jour de juin 70. Ton fils a fait pareil. Il est parti le dernier jour d'un mois (en janvier). Mais dans un lit. Pas tellement plus chanceux.

Quelle idée, aussi, de garder ces coupures de journaux sous un trombone les tenant à la chemise ? Et j'ai vu, tétanisée, ce nom, le nom en entier, cette ombre qui fait partie des non-dits les plus graves. J'ai lu ce nom et je n'ai pas tout de suite eu "envie" de crier. Tu devais l'apprécier pour l'accompagner alors tu étais enfin libre, sans piquet, fraîchement à la retraite, au soleil, ce repos que tu méritais depuis 5 ans. Je lis sur ces coupures de presse une version encore différente.

Diraient-ils n'importe quoi ? Tu l'aurais réellement suivi parce qu'il était intéressé par une pièce ????Surpris Et alors ?

Toi si logique ? Pourquoi juste pour ça ? Une des coupures est en tout cas du côté de l'entreprise et de l'EDF. Il est affirmé que des plaques de "danger de mort" vous ont avertis comme de vilains galopins que vous auriez été. Admettons, sans avoir pu constater. Mais rouillées, comment y auriez-vous cru dans une usine désaffectée, OUVERTE ? Comment peut-on laisser accessible ce genre d'endroit ?  Les 13 000 volts que tu as reçus sont la donnée objective, médico-légale. Anéanti en moins d'une seconde.

Ta disparation a choqué, coupant même des appétits. Tout le monde était encore vivant de ceux qui vous étaient proches, sympathies, connaissances, anciens ouvriers, anciens collaborateurs, ou collègues. D'innombrables condoléances début juillet, d'autres au retour de congés. C'était du temps où on trouvait du cœur, parmi les gens, pour être malheureux. C'était du temps où l'on prenait ce droit. Il y a toujours de belles personnes, mais depuis la fin du 20ème, Papy, on confond "grâce" aux médias, à la littérature, au cinéma, à l'air du temps l'expression du chagrin avec le pathos. On le voit partout. On s'en défie, on évite de trop en dire, de trop en faire.

Le pathos exagère, ça n'a rien à voir. Il n'est pas honnête ; le chagrin l'est. Ce dernier s'évite comme la peste. On essaie de nous apprendre à le taire, ou le blâmer. Je ne suis pas sauve de futilités (on ne vivrait plus sans elles), je cherche aussi le bonheur et le plaisir, je connais les artifices pour ne pas craquer, mais il y a des limites. Il n'y a que le marbre qui a le devoir de le rester. Personne ne demande d'avoir la douleur pour culture, quelle idiotie ! Juste d'accepter sa place sans se laisser envahir. C'est le plus compliqué, mais je suis fière d'être d'une autre époque. Je lui appartiens. J'aimerais juste être un peu plus douée, malgré tout, pour la canalisation des émotions !

 

Ces caractères sur le papier jaunis auraient pu s'estomper. Il n'en est rien. Ils m'amènent de force à essayer de comprendre. Un de tes cousins averti de ces choses avait mené son enquête. Il était certain de l'issue du procès. Echec. Ca ne t'aurait pas ramené comme on dit, mais c'est juste dégueulasse.

Les mises aux normes actuelles ne préviennent pas toujours d'accidents à première vue incompréhensibles...

 

10 - 15 ans avant, j'aurais pu lui demander, à ce Monsieur C, sa version de l'histoire. Qu'il me dise enfin ce que je n'ai jamais osé demander à mon père qui a dû te reconnaitre dans cet état, à ma grand-mère qui fondit de chagrin et changea aussi de nature, voyant le mal partout. Tu es passé devant, dit-on dans ce journal. Tu étais toujours prompt pour tout. Tout faire, tout écouter, tout apprendre, entreprendre. On m'a toujours raconté que tu t'étais ravisé juste avant de partir, alors que tu avais rendu la réponse à cet homme qui la sollicitait (par considération pour toi également). On m'avait dit que tu avais par curiosité ouvert la porte de trop, celle qu'il ne fallait pas. Ce que je lis c'est une action instantanée, pas deux, pas de retour sur tes pas. Alors c'est encore pas ça tout à fait ?

Il a dû disparaître depuis, ce Monsieur Pierre Chaudoit, lui aussi. Je ne pourrai jamais lui demander la vérité. Je ne pense pas qu'il se serait permis de la déformer et je ne crois pas qu'on puisse oublier ça. Je vous en ai voulu un peu, à tous deux. "Bah j'ai tout le temps d'être en vacances" lui as-tu peut-être dit ? Tu n'étais pas du genre à te laisser forcer, donc tu l'a suivi, déterminé, volontairement.

Il aurait aussi pu me dire des choses simples, de quoi vous parliez durant le trajet vers Belin, de ce que tu avais dans l'idée pour ces mois à venir. Nous aurions un jour, chacun à son rythme et son âge, êté en capacité de les recevoir. S'y faire non, car de toute façon, l'histoire est cruelle. Mais ne pas abandonner tes mots de bavard landais, ramasser quelques miettes d'existence.

Non Papy, il n'y a plus eu de temps. Ta chance s'est vengée de sa générosité (Trichloréthylène bu par inadvertance, accidents... cf. "Lui, eux, ces parallèles"). Tu n'avais pourtant pas compté que sur elle, tu avais bossé dur. Elle avait fait semblant d'être une amie.

En regardant ces lettres, je remonte vers l'horreur. J'ai 2 ans + les années que j'ai traversées. Je vois le pas de la longue aiguille pointue des secondes qui être si blanche ou si noire. Je regarde son allure qui se démarque des 59 autres sur 1 minute, pressée de faire le mal. Je me garde d'être lâche, mais il faut quitter des yeux cette vilaine veuve noire, prête à mettre en deuil au hasard où la suit sa courte sœur. C'est lui faire trop d'honneur. Elle sait que sur des cadrans plats, elle change la rondeur de mondes et prévoit, cette morbide, de mettre un homme à terre et de déformer les projets de ceux, autour de lui, qui ne seront jamais indemnes, comme des fourmis désorganisées perdant la tête lorsque meurt leur reine. Un tout petit cousin que je n'ai pas connu non plus a subi le même sort. La longue aiguille est une roulure qui s'organise tous les jours pour frapper des millions de gens.

Et c'est vers elle que se penchent tous les suicidaires avec l'impudence qu'elle a d'exercer une fascination comme les ""grands"" criminels.

 

Sa violence m'a fait oublier alors que j'écris qu'elle est aussi celle qui cadence les  moments magnifiques.

 

C'est long tout ça, mais pas aussi long qu'une vie d'angoisse portée comme la barbe d'un vieillard. J'ai grandi, vécu, beaucoup d'événements n'ont pas été tant ceux d'une fatalité. Je me suis éparpillée, en ai pris plein la gueule, été aimée, détestée, équilibrée paraît-il, je ne grandirai jamais complètement, je m'y refuse.

Le monde adulte est celui du chagrin, c'est ce que j'ai toujours pensé. Mon avis est que la seule panacée est la passion, au pluriel de préférence. Vos marques sont restées sur moi qui n'ai pourtant pas vécu ça et qui ai toujours ri à tel point qu'on ne comprenait pas que je pleure.


Je ne suis pas la seule.

Alors on danse...

 

16 juillet 2019. Tu sais, j'ai regardé votre atelier cet après-midi. Il y a des tiroirs dont je pense que ton fils ne les a plus tirés vers lui depuis 70. Il s'activait encore il y a peu dans ces passages. Il n'a jamais su prendre sa retraite. Il a fait semblant de le faire et encore. Tard. Il a travaillé comme un dingue après toi. Ingénieux aussi, considéré également. Mais il n'a rien trié. Puis tout s'est dégradé comme le fait le temps quand on ne ne touche à rien. Il y a toutes vos archives. Ce qui était beau sans doute est devenu effrayant. Par respect pour le passé, il n'a rien touché, écrasé un peu par vos forces et l'admiration qu'il vous portait. Mais il y a eu la crise, tu sais. Tu travaillais dans une époque prospère. L'atelier ressemble au gâteau de Lady Havisham. Ton petit-fils ne cite que ton nom comme si ton fils n'avait été que virtuel. Le même petit-fils qui t'a pleuré, que tu aurais pu retenir de ses violences qui tuent l'innocence et la douceur que je n'ai pu garder. En quoi étais-je responsable de t'avoir survécu, dès 2 ans ?! Je n'ai jamais eu aucune attirance pour le rôle de victime, encore moins de m'y complaire. Alors j'ai serré les dents, lutté mal et bien. Ton histoire a fait basculer la nôtre, par la faute d'une question apparemment anodine par téléphone. La fatalité est une manipulatrice. Cet homme a été son premier objet. Comment aurait-il su ? Et puis, comment pourrais-je penser qu'il est reparti avec ce qu'il a été le premier à constater, les mains dans les poches. Impossible. Impensable.:-(

 

J'ai commencé à être en alerte très jeune et en colère sans savoir pourquoi ça bouillonnait. Je ne connaissais pas encore ce qu'était le destin. Il manquait quelque chose pour qu'une famille soit unie, accordée. C'était toi la pièce essentielle qui faisait défaut, je ne le savais pas et ignorais la place énorme d'un homme dont je ne me souvenais même plus de la voix. 

Mon autre grand-père m'a épaulée de son équilibre, de sa gentillesse, de son calme. Il n'y a pas eu de translation de caractère :-) mais il en a gardé mon inconditionnalité.

Moi, je pars dans tous les sens, ou bien je contemple. L'inverse de tout ce que tu étais (énergique et posé, on ne m'a parlé de tes contemplations :-) ). 

 

 

 

Une moto, un camion. Un grand coffret mural et un cadenas. Il me semblait aussi. Ca se fait, les cadenas, les armures.

J'ai aéré au 1er. J'ai poussé la lourde porte coulissante. J'ai retrouvé des pigeons. Ca ne peut pourtant pas être les mêmes qu'il y a un mois. Ils ont l'air en forme, mais effrayés. Je ne comprends pas pourquoi ils n'ont pas l'air de pouvoir repérer le point par lequel ils sont passés pour entrer. Moi, je ne le vois pas.

Ils ont eu tellement peur qu'il se sont croisés au-dessus de moi, ils doivent être 6 ou 7. J'ai baissé la tête et, rien de très original, pensé instinctivement à Hitchcock. J'aime les oiseaux. Il n'y en a pas 36 000 ! 6 ou 7, c'est modeste.

Je trouve depuis des années que les pigeons faiblissent, la race dégénère, Papy. Ils marchent, volent peu. Ils ne voient pas où est le danger ... Ils comptent sur le ralentissement des roues. Des ailes levées vers le ciel et un corps qu'on ne voit plus, creusé par les pneus démontrent qu'ils finissent par avoir tort.

J'ai ouvert. Ils ont été lents à comprendre, par trouille et par défaut d'orientation. Il se peut que leur yeux se soient trop habitués à l'obscurité, que la lumière les éblouisse. Ils me regardaient de côté comme une ennemie.

Le chemin n'est pas direct. Ils ont volé sur les voitures du garage, j'ai ouvert la grande porte coincée sur la rue en vérifiant que personne ne rentre. Ils étaient libres.

Libres.

Il a fait beau, Papy, un peu trop chaud encore. C'est un beau jour de France.

 

J'ai été un peu longue. Ah mais c'est parce que je n'ai pas de crayon à papier. "Appi ? bon " (compris ? bon).  J'ai continué à parler un peu comme toi à l'époque dans mon jargon durant un moment, paraît-il. Paraît-il. Qu'est-ce qu'il faut croire, Papy ?

 

 

A toi, Lucien Edouard Capdepuy de Lévignacq (Landes) et merde à Belin-Beliet :-(

Je le garde, ton calepin. Dessus, il y a une réalité, celle de tes 21 ans, que même le temps n'a pas su nous enlever et que rien n'a déformé. Même sous ce crayon de papier de 1922, je te vois.

 

                                                     Corine

 

 

 

 

 

 


17/07/2019
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Je lève mon jour au ver !

Je commence ce jour et déroge à la dignité des devoirs du silence lors d’une fermeture, mais j’ai été trop frappée par ma très brève, mais intense écoute d’une émission ce 09/07/19 pour n’en rien dire.  

 

Il était question d’un livre sur les vers de terre. J’ignore la date de sa sortie, je l'apprends juste. J’ai failli changer de poste, par répulsion. Bien m’en a pris de n’en rien faire. C’était passionnant, le livre ne peut que l’être.

En cherchant sur le Net, je pense qu’il s’agit d’"Eloge du ver de terre. Notre futur dépend de son avenir", de Christophe Gatineau.

 

Maintenant que j’ai cité le sujet et le nom, rien ne m’empêche de le cuisiner un peu (c’est abstrait. Malgré mon respect pour des cultures différentes, je ne pourrai jamais avaler ce genre d’animal).  

 

 

Peu porté sur le sport, le ver court cependant... un grand danger. Le ver est une des nombreuses espèces du 21ème siècle menacées de disparition par les engrais chimiques et des pesticides, donc par l'homme, une fois de plus.

 

De lui, dépend la qualité des sols qu'il fertilise, aère, déplace. Le ver est donc écologiquement déterminant.

 

Nous nous flattons d'être des êtres secourables, mais nous sommes-nous jamais préoccupés de la vie et de la mort d'un ver de terre ? De sa raison d’être ? De se lever sans patte chaque matin sans queue ni tête ? De sa solitude cachée ? De la limitation de ses ambitions, de son parcours, de ses loisirs ?

Avons-nous jamais étudié, avant d'évacuer dédaigneusement les turricules de ce lombric, ce que représente pour son genre cette planète qu’il fait grouiller de son travail sans compter ses heures ? Sans se plaindre des conditions de travail, à l'ombre dans l’humidité, sous le foin ? Dans le bois ?

Vous en êtes-vous souciés ? Non ? Moi non plus.

Nous avons d'autant moins à nous plaindre de lui que, humble sous nos climats, il est de taille raisonnable.

 

Bien qu'en étant privé, le ver participe aux divertissements. Combien de pêcheurs rentreraient chez eux bredouilles sans l'appât qu'il est ? (cruels et ingrats que nous sommes) 

 

Il est journellement question, à raison, des espèces menacées. Mais qu'en est-il de notre ami ? La biodiversité ne dépend pas de notre sélection.

J’ai entamé mon mea culpa, encore que nous n’ayons pas été mis en contact lui et moi, depuis quelques années. Je n’ai jamais eu un geste de sympathie ni de reconnaissance envers un ver. Je ne les tue pas, je crie et cours, au mieux je les déplace.

Le ver n’est pas aimé.

On peut se prendre à supputer que la seule chance qu'il possède est qu'il ignore ne pas en avoir. Quoique, à bien y réfléchir, ne dis-je pas de bêtise ? Est-il si peu instruit de son infortune ? Car vous ne verrez jamais un ver au casino. Pourquoi ? Après tout ?

Est-il si ignorant que c’est un lieu trop propre, trop passant, pour que son sort n'y soit pas très promptement tranché ?

Si innocent serait-il, pourquoi ne lui prendrait-il pas l’envie, comme ça, un soir sobre ou de cuite, de se dire qu’il est bien peu de chose et qu'il va tenter le tout pour le tout ? Nous, on sait bien qu'il se perdrait dans une roulette, finirait fracassé par un dé, ou sous un pied, ou étranglé par un levier tandis que tourneraient les rouleaux d'une machine à sous.

Voire écrabouillé dans un sandwich où il se serait glissé, gourmand. Mais lui que sent-il dans sa cervelle nerveuse ?

Chaussure, levier ou sandwich, agonisant entre 3 tomates, 1 feuilles de salade, des cris outrés et 2 molaires, le ver n'en serait pas plus susceptible (il est sourd, ça aide). Mais là n'est pas le problème.

 

La vie du ver, à ce propos, ne nécessite aucune prise de précaution. Il se passe de notre communication. Un langage manuel, ou corporel lui serait difficile à comprendre par pénurie de références.

Le ver manque de beaucoup de choses. Son utilité est donc d’autant plus estimable. 

La Nature en bonne reine, a la force de Sa pression. Il sent sans savoir qu'il est vain de changer et c'est balaise pour cause de défaut de matériel : il ne brille pas non plus par ses dons intellectuels.  

 

 

 

Une suggestion :

Ne pourrions-nous pas modérer le nombre croissant de nos incinérations pour le bien de l'Humanité ? Toutes les cendres ne sont pas bénéfiques à la terre loin de là. On fait des urnes actuellement, mais on nous rajoute des graines dessus avec pour projet que se dresse un arbre. C'est de la triche. Reconnaissons-le, on n'est pas terrible là-dessus.

Ne faudrait-il pas un temps pour tout, afin que justice existe ? Il y a bien celui où le ver a droit à la pêche ! N'est-il pas ?!

 

Vantons avec vigueur la valeur du ver et arrêtons de le voir en vaurien, se vautrant en vautour visqueux sans verve, au ventre de vaseline.

Préservons la vocation vitale du ver vendangeur victime de votre virulence.

 

 

 

A la tienne, le ver ! 

 

 

                                                                Corine

 

 

Ps : c'est une provocation gratuite et humoristique (dans l'idée !) : de nombreuses espèces se contentent de la terre et de morceaux de feuilles.

 

 

 


10/07/2019
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Article sans titre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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03/07/2019
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Turbo

 

 

J’aime l’humour noir, mais pas trop grinçant, pas trop forcé, pas trop répété.

Il y a forcément des exceptions qui sautent au-dessus des règles.

J'aime depuis la première écoute. A regarder, c'est pire Rigolant Intelligent, cinglé et quel cran ! (il en faut déjà pour oser déplaire). 

Parvenir à nous faire rire avec ce sujet ...  Impensable, mais Jérémy Ferrari a su le faire. Quel auteur et quel acteur !

Pour être juste et ne pas lui laisser toutes les palmes (et les plumes), Nawell Madani - une de mes comiques préférées - est sur ce thème excellente, bidonnante, aimable cinglante, tout en ne choquant jamais. Et pourtant, elle va loin. C'est un art également, cette poigne de faux velours.

Il peut quelquefois sembler aller un poil trop loin, mais je ne vois pas de légèreté dans ce sketch de Ferrarri. C'est une des perfections de l'arme qu'est l'humour.

On peut viser, lui sait tirer très loin. Le premier degré n'existe pas. Les victimes ne seront jamais ridicules. Rire de bourreaux et d'autres lâchetés, ou de peurs naturelles est un des derniers hommages qu'on peut leur offrir. 

 

 

 

 

                                                             

                                                                     Corine


01/07/2019
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M'énerve !

 

 

Définitivement contre, 

 

définitivement exilé (en Estonie tant qu'à faire, 'fait moins chaud), 

 

définitivement perdu, 

 

définitivement seul, 

 

définitivement fermé, 

 

une loi définitivement adoptée,... 

 

 

Un adverbe que je n'aime pas. Très peu usité dans une situation positive, Il gifle, sans autant de raisons qu'il s'en donne, de son air important, ce "définitivement".

Au nom de quoi se permet-il de s'ingérer un peu partout et n'importe comment ? Je l'avale de travers. Je n'aime pas m'étouffer.  

Définitivement, c'est-à-dire pour toujours. Et pourquoi ? Pour faire romanesque ?

Enfile tes crinolines, ou prend ton épée, mon bonhomme. Je t'attends.  

 

 

"Définitivement contre". Est-on sûr de tout savoir ? 

"Définitivement exilé". Comment en être certain ?

"Définitivement perdu". Perdu, perdu ! Mais on peut vous trouver, vous savez ?

"Définitivement seul". Idem. On peut vous écouter, savez-vous ?

"Définitivement fermé". Là, on se sent impuissant. Ca fait froid dans le dos. Ca sent la crise. Si des voix doit devaient s'élever, c'était avant. 

 

 

 

 

"Définitivement..." Vous pouvez formuler la phrase à votre convenance au gré de vos idées et expériences.

 

Autre particularité, autre exemple dans une imparfaite exactitude : une loi "définitivement adoptée". Un code poussant l'autre ... 

 

 

Pour ce qui est proprement immodifiable, le "définitivement" ne la ramène pas et a le toupet d'être porté disparu.

On ne dit pas, en français, de quelqu'un "il est définitivement borné ..." et pourtant il n'y a pas de raisons que ça change. 

On ne dit pas "il est définitivement né". C'est de la mauvaise foi ! 

On ne dit pas d'un fleuve qu'il se jette définitivement dans la mer (et pourtant, il ne revient jamais)Incertain

Les définitivement acquis, véritablement, n'apparaissent nulle part 

 

Moi, il m'énerve, le définitivement, avec sa tête de défunt aux abonnés présents.

Je lui fais définitivement la tronche. Quoique, ce serait lui faire trop d'honneur. 

 

                                             Corine

 

 

                                           


24/06/2019
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Visages, dessin

 

 

 

 

 

 

Il se peut que quelques secondes soient nécessaires pour que le dessin consente à s'ouvrir. Ne me demandez pas pourquoi ! (un doc. pas vraiment chargé)

 

mes dessins 16.06.19.jpg


16/06/2019
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Du bon côté et si la pierre

Je les avais remisés par devers moi, comme dirait cette chère Thérèse.

Un magnifique poète :

 

 

 

« Là, devant une tombe dans laquelle
va descendre l’autre. Et c’est tristesse
bien sûr, mais jubilation secrète aussi
d’être du bon côté, celui d’une douce
et lisse journée à vivre avec des fruits,
avec des seins, dans une abondance de riens
qui donnent à croire qu’on a bien raison
d’être vivant, une fois encore, un jour de plus.»

 

                André Schmitz

 

 

 

 

 

Note personnelle : bien que n'ayant rien à justifier, je n'ai pas l'expérience de cette "jubilation", mais ces raisons de vivre dans la goutte (pointue) qu'est la vie sont si superbement exprimées. Je confirme mon admiration pleine et entière !

 

**************************

 

 

 

« Si la pierre est le chemin, je veux passage dans la pierre.

J'accomplirai pour la corrompre toutes les tendresses voulues

Je ferai pour l'ouvrir usage des plus étonnantes colères.

Et si la pierre est le passage, je veux long séjour dans la pierre.

J'aurai pour lui fouiller le cœur de très violentes patiences

Et suffisamment de sésames pour en atteindre les extrêmes ».

         

                             André Schmitz (1929-2016)

 

 

 

 

                                                    coeur.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 


31/05/2019
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Qui scruter ?

 

 

Pour qui votez-vous ?

Incertain

 

Larousse. "I", flap flap flap « isoler », « s’isoler ». : « aller quelque part pour être tranquille, à l’écart des autres ».

  

 

Quelle utilité pourraient encore avoir les isoloirs ? 

Pourquoi résister à ce qu’on nous demande, puisqu'on nous le demande ? Et donc dire pour qui on vote à un M (ou une Mme) Autrui qui ne souhaite pas attendre les résultats du scrutin. Car M Autrui veut savoir si on est un « gentil » ou un « méchant ». C’est plus fort que lui. Alors il scrute avant le scrutin. Ca le soulage. Et puis c’est ça, la Liberté.

Vous êtes en droit (?) de vous demander où s’arrêtera la Fraternité en cas de désaccord sur votre réponse. Sera-ce encore un bureau de vote, ou un saloon où on se fout des trempes ? A Egalité bien sûr Clin d'œil

 

 

Très bien. Supposons - sans admettre : un isoloir de nouvelle génération,

 

- la même posture, de dos, pour la forme de "l'anonymat" du vote,

 

- les petites étagères (40 cm x 15) sur lesquelles nos braves mains citoyennes brasseraient toujours, comme des cartes, des flyers politiques,

 

Et là où serait la révolution, mes frères :

- par le ralliement au "mystère" que l’on ne chercherait plus. Le moyen ? Par des rideaux-glasnosts !

Explication simple (et pure) : de simples rideaux de douche récupérés. Ecolo. Une Clarté citoyenne autour de nos gestes, de nos mains, de nos flyers ("tracts" pour les puristes) et de "nos" étagères, avec, en sus, un orifice sur le côté. Plus besoin de cacher, ni de s'exprimer. Ainsi, serait vu sans effort de discrétion, sans avoir à le dire non plus, le nom que nous glisserions dans l’enveloppe.

 

J'ai la vue trop courte.

Je hèle mes lunettes et y enchâsse mon nez. Nous voilà partis au galop dans l'aventure du futur :

pourquoi ne pas bannir les cabines (où pouvait se livrer la bataille du dernier doute personnel entre 2 candidats), entérinant ainsi une proposition avant gardiste de citoyens sans rideau, sans enveloppe, votant à la table nommée "de décharge" devant les assesseurs à la tâche depuis le petit matin et notre ami Autrui. Sans rideau de douche, nus, que nous serions. Nus et sans prendre de gant, chevauchant avec panache le risque du savon de noirs regards muets : encore un votant pas assez à gauche, pas assez à droite, pas assez au centre, trop vert, ou pas, exalté, mou, déviAAAant !

Malgré tout,                

* une signature,

* « a voté ! » (de la voix tonnante du président du bureau).

Et basta !

 

Contre toute réserve, mais apportant notre concours bienveillant à la préservation de nos richesses arboricoles, nous ferions fi de l'opulence traditionnelle et inutile de papier lors des élections et épargnerions à nos poches (ou nos sacs à main) l'éclatement abdominal, avant leurs délivrances de bulletins inutiles (dont 1 ou 2 nous ramèneront, revenus à notre domicile, aux barbares instincts de sauter à pieds joints sur le portrait de candidats, tiré pour rien, qui plus est).

Ce serait au moins ça. 

Last but not liste (jeu de mots équilibriste) : les bulletins délaissés en salle de vote seraient recyclés en pâte à papier de fibres homogènes.  

 

 

 

« Pour qui votez-vous ? »

Quelle question !

Pour ce qui me semble être le moins pire !

Que serait une réponse sans développement ? Nous n'en avons pas le temps, ni l'espace.

Nous déplacerions-nous, ce jour-là, arrachés aux plaisirs d'un dimanche pour faire campagne pour nos opinions ?

 

 

A compter que le candidat pour qui nous aimerions voter avec exubérance existe. Rien n'est moins sûr !

Une chose est certaine : je vote pour le libre arbitre ad vitam aeternam.

 

 

 

                                                     Coco Caporlan 

 

 

 

 


26/05/2019
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Caractères en photos

 

 

 

On pense se connaître soi, mais l'on se découvre toujours. Il y a des forces que l'on ne peut soupçonner malgré ce qu'on a pu nous vanter de notre capacité de résistance.

 

 

Qu'en est-il de ceux que l'on pense connaître ? Et de ceux que l'on connaît depuis toujours ?

 

 

Je ne suis pas très partante pour faire paraître les photos de famille, mais celles-ci, parce qu'elles datent d'un petit moment et parce qu'elles sont gaies me semblent valoir une exception.

 

 

Ma mère, que j'ai toujours connue si féminine et discrète, qui m'a toujours affirmé son détachement de Charlot dont je lui ai rebattu les oreilles pendant des années.... Innocent

 

La même, là :   Maman Charlot revue très jolie.jpg 

                  me montrant ce flagrant délit il y a 2 jours en fouillant dans ses affaires !

 

 

 

 

                                                     Une photo de mon père que personne ne se rappelle

                                                     avoir jamais vue (l'époque des culottes courtes, il

                                                     me l'avait racontée !) :

 

                                        Papa enfant photo rare pour blog.jpg

 

            Mon père, fantaisiste, jamais parti pour perdre, optimiste, battant jusqu'au bout.

 

 

 

Il était scientifiquement prévisible que ce qui devait arriver arriva. Un de leur 2 rejetons hérita d'un amour pour les déguisements :

 

Corine martiniquaise blog.jpg
C'est une de mes préférées.

J'aimais déjà le maquillage et considérais ce masque comme épanoui et parfait.

Aujourd'hui, elle m'amuse et me touche, cette photo. Je me souviens de ces jours heureux. A côté, dans l'album, il y en a une autre avec l'ombre du photographe.

 

 

Les photos ne volent pas nos esprits, comme le craignaient les Indiens d'autrefois voyant des barbares blancs s'amener avec ces appareils de malheur. Elles captent nos âmes. Le masque ne cache rien.

 

 

Allez, tout le monde prend son âme sous le coude et fonce dans la journée ! Bas les masques !

 

 

Coco décidée plage blog.png
Il y a quelques mois, je me suis entendu dire que je marchais d'un pas déterminé ! Bien que ne sachant pas encore nager lors de la photo, il semble que je l'avais déjà, mon pas déterminé !Rigolant C'était hier !!

 

 

                                                                               Coco Cap

 

 


18/05/2019
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Un palmarès

 

 

Je me désespère bien trop souvent de ce que j'entends quand j'appuie sur un bouton pour me détendre. 

 

C'est donc avec joie que je compte SIX titres que j'aime vraiment beaucoup cette année. Et je peux vous dire que ça doit faire longtemps que je n'en ai pas compté autant :

 

 

  • "La Grenade" de Clara Luciani de que j'avais repérée fortuitement fin janvier et que j'écoute à peu près tous les jours : 

 


 

Pouvons-nous nier que les chansons qui nous touchent le plus sont celles qui nous ressemblent ? Ne vous affolez pas comme ça. Je fonds sous "Le petit jardin" de Dutronc aussi.

 

 

 

 

  • Impossible de ne pas taper du pied sur ce rythme, ou de danser (tout dépend où l'on se trouve !) sur le « Come » de Jain  (sorti vers 2015, mais qui passe très souvent à la radio). J'aime beaucoup, beaucoup cette joie contagieuse :



 

 

 

 

"Pas eu le temps" de Patrick Bruel à côté de laquelle j'ai failli passer (j'ai décroché depuis "mon amant de St Jean), ce en quoi j'aurais été bien bête :

 

 

 

 

  • La très puissante « Toutes les machines ont un cœur » de Maelle, dont quelques paroles me font presque sortir un kleenex (ce qui explique que je ne l'écoute pas tous les jours) :

 

 

 

 

Angèle, dont j'aimais déjà bien "Tout oublier" en duo avec son frère, mais dont j'affectionne encore plus "Balance ton quoi ?" : succulent ! La chanson, le clip, le fond, tout ! Traiter un sujet pareil avec humour, il fallait le faire !

 


 

 

 

 

Et enfin, "On est les oubliés", de Gauvain Sers" : vraiment très belle, si forte, si juste. Les protestations, les dénonciations, les rébellions se font parfois à voix douce, avec une simple guitare.

 


 

 

 

Voilà mon palmarès chéri à moi, depuis Alister que j'ai découvert en novembre (dix ans après sa sortie, je le rappelle !!!).

Je suis vraiment heureuse lorsque je peux me dire que le plaisir d'écouter ne passe pas QUE par le passé.

J'ai tant de mal avec beaucoup de chansons cul-cul la praline portées par des chanteurs/ses sympathiques, ou pas, perruqué (s ? Je crois que je peux oublier le pluriel !), ou rasés, méchés, couettés. Puisqu'on en parle (!), je ne crois pas que Marie Myriam ait de cheveux à se faire. Le candidat français à l'Eurovision 2019 semble sympa, mais il a le don de m'agacer en misant tout sur ce qui a déjà été fait (la "différence") sur des paroles qui ne m'atteignent pas. Je ne le trouve pas spécialement excentrique, mais accessoirisé, arrivant au bon moment, assez populaire pour être choisi et, espérons pour lui, pas trop utilisé. Son cas est assez caractéristique : que l'on s'intéresse à ce concours ou non (je ne suis jamais au courant que du pays vainqueur, que j'oublie en quelques semaines), on ne peut en 24 heures éviter le fameux Bilal. C'est du matraquage : radio, télé, Youtube bien évidemment.

 

Mon adolescence, c'est l'époque de Marc Almond de Soft Cell (ah Soft Cell...) homosexuel sans moumoute et supra-talentueux, de Klaus Nomi, homosexuel sans moumoute et ultra-talentueux, de Boy George, homosexuel déguisé en fille (ah Boy George :-) qui innovait avec Culture club un genre (en travaillant ensemble des musiques différentes : pop, funk, reggae). Ils revendiquaient leur "différence", sans longe autour de la borne de leur identité. Les cordes sont parfois trop courtes, ça blesse à l'encolure et on ne sait pas toujours qui les tient. Il n'y avait plus d'ambiguïté, c'était clair, mais par-dessus la sympathie que l'on éprouvait pour eux, les mots de leurs chansons pouvaient concerner n'importe qui. 

 

Sans citer mon hypra-préféré à la vie à la mort (tellement évoqué), j'adorais aussi (rien à voir avec le "milieu gay", précision faite pour eux à compter que ça importe !!) Robert Palmer, Paul Young, Roland Orzabal, Les Cure, Marc Hollis (Talk Talk), etc, etc, etc.

 

Je n'ai jamais eu honte de mes goûts d'ado, au contraire, je les aime toujours. C'était des gens dont le talent tenait debout

 

 

Parmi les chanteurs gays de talent, je devrais citer Jimmy Somerville de Bronski Beat, mais mes oreilles lui en veulent encore de leur 1ère rencontre quand, bonasses et aimablement attentives, elles avaient laissé le son à fond jusqu'au strident "tell me whyyyyyyyyyyyyyyyyyy ?"SurprisPied de nez

Même si je n'ai jamais accroché (à sa voix), je le cite becôse hi woz Clin d'œil "One of a kind"

C'est ça qui fait ma préférence : ceux qui ne refont pas ce qui a été fait, ou le font différemment, ce à quoi s'ajoute la sincérité. Il ne s'agit pas toujours de celle de l'amour pour les gens, mais parfois, prioritairement, celle de la musique.

 

 

Ils nous ont mal habitués. On est exigeant. 

 

Et vous, votre palmarès parmi ces chansons, ou celles dont vous voudrez bien me parler ?

 

 

                                                                 Corine

 



 Ps : il y en sûrement d'autres, comme "Définitivement" de Marc Lavoine que j'ai déjà mis sur ce blog - dans ce pénibles circonstances -  terriblement belle.

 

 

 

 

 

 

 


17/05/2019
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