Miss MiscellaneaCorine

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Communiqué :-)

 

 

PAR SUITE D'UNE EXTINCTION DE VOIX, CE BLOG FERME MOMENTANEMENT SES PORTES. 

 

 

 

                                       SI  

 

 

 

 

                                                                        

 

                                                                           

 

Ah si 

 

                          malgré tout 

 

 

                                         je ne vous le fais pas dire

 

 

en toute rationalité 

 

 

 

 

           surtout pour une bavarde, terrible ! 

 

 

 

 

                                             Couvrez vous bien tous ! 

                                             Saluto 

 

                                                                  Corine 

 

 


22/11/2018
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Ode à la Poule, en joie et détresse sur terre

Texte revu


Laissons-nous bercer en ce début de semaine par l'admiration qu'offre l'observation d'une poule.

D'abord esthétiquement : cette forme parfaite, le decrescendo des plumes, du haut de la queue au croupion, l'humour qui fait défaut dans le regard (faute de raisons d'en trouver), mais qui s'exprime dans la forme interrogative qui termine l’animal ; chacun trouvera une préférence dans ses formes, ses couleurs, son port de tête, cette aimable et douce crête (plus courte que celle du coq).  

 

Pour la poule, elle est à l'origine d'un monde. On a toujours dit, et elle le sait bien : « De qui est le premier ? L’œuf ou la poule ? » L’un dans l’autre, elle et lui en ressortent gagnants et son micro-cerveau aux principes sûrs et concentrés l’a enregistré.


Elle sait qu'elle est de ces élites qui créent la vie tous les matins, mais que chaque jour, l'humain la lui jalouse et la lui ravit. Opiniâtre, courageuse et laborieuse, elle garde son pouvoir et récidive. Chaque matin de poule est une victoire qu’elle déclare haut et fort après ponte.

Dans sa tête de poule, Elle voit bien que l'Homme ne pourrait vivre sans son apport protéique. Pas davantage sans ce comble de perfection visuelle innée qu'est l'oeuf. Elle est mère hein, aussi, bon : « c'est le plus beau mon fils ! ». Chaque 
œuf reçoit la même louange pénétrée.

Elle est à l'Origine et assure La Lignée.

D'autre part, le mot psychosomatique aurait pu être inventé pour et par la poule. En effet, le laps de temps qui s'écoule entre la frayeur d'une poule et les effets délétères de cette émotion sur sa digestion hautement précipitée atteint une fraction de seconde - en comptant large. 
La poule traduit par son corps ses frayeurs, la poule est l'alliée symbolique du névrosé (il y avait longtemps qu'il n'en était question !).

Ne vous méprenez pas. Ce dernier, en observant une poule, peut fort à propos estimer que tout est relatif. Au seuil le plus timoré de ses espoirs, il sait généralement masquer ses angoisses existentielles. A l'inverse, ce charmant gallinacé, en temps de stress, affiche un globe oculaire dont la fixité précède une mobilité panique, éloquente pour le moins clairvoyant de ses spectateurs.

Ca rassure. On doit pouvoir affirmer que le névrosé est en cela plus discret et ne bat jamais des bras tout en fixant son adversaire de profil. C'est moins franc, on ne peut pas tout avoir. 


La poule nous apprend donc, à l'instar d'Einstein (qui n'avait pas, physiologiquement, le plus gros cerveau du genre humain) la relativité. Ayons l'élégance d'insister sur ses mérites.



Elle ne vit qu'au grand air  : c’est marqué sur les boîtes InnocentPour la poule, la vie s'écoulerait au grand air, donc, dans un univers parfait si celui-ci n'était fait que de ses semblables.

En tant que femelle fidèle, s'Il n'est pas lui même à l'origine du monde, son étalon de compagnon fait l'ouverture des journées rurales. Elle maudit l'invention de cette saleté d’objet qu’est le réveil. Sa place et sa côte d'importance a baissé en bourse. C'est une injustice. Le coq est infaillible. Les clés se rouillent, les piles se déchargent. Le coq n'en continue pas moins son œuvre et donne le tempo de la journée. Pour la poule, il n’est pas seulement le maître, le géniteur ; il est aussi le musicien, l’artiste. Il a légitimité à régner en polygame.


La vie disions-nous, serait paisible, entourée des poussins que l'Homme lui laisse de temps à autre voir grandir. Pour finir par les perdre de vue sans jamais savoir pourquoi. 

Pour notre chère poule, tout est raison d'être, si l'on omet le drame de ces séparations et du chômage partiel de son homme. Il va de soi que l'humain est dépendant et parfois drôle quand son homologue femelle découvre en été la terminaison de ce qui lui sert de pattes. Les griffes de l'humaine fleurissent en cerises ou en framboises laquées ! Merveilles des merveilles ! Chaque été, la poule poursuit les dames adeptes de peinture podale et picore assidûment les innocentes qui lui passent sous le bec et ignorent ce penchant. On peut rire sans l'afficher. La poule sait et confectionne des ex-voto de paille à la gloire de Saint L'Oréal ou de ses confrères, auteurs de si agréables choses. Il y a même des fruits qu'elle ne connaissait pas. 


Mais le cruel destin conduit chaque poule à une vision d’horreur trop précoce de la Grande Faucheuse.
La poule, si insouciante sans l’homme, se retrouve enfermée dans un sac sous vide, l’œil à jamais hagard. Elle sait enfin. Ils sont peu à l'aimer vraiment, ces bipèdes, elle le sentait. Il en va de même pour ses rejetons embryonnaires contenus dans des boîtes estampillées, tatoués d'un numéro avant d'avoir vécu. L'humain fait un testament, laisse des conseils de leçons de vie à ses petits. La poule n'en a pas le temps, faute d'en être avertie.  

Quand on pense que c’est pour atterrir, par infortune, dans la cocotte (ô ironie du sort) de rustres dont certains méprisent les temps de cuisson ? Et se retrouver, buvant la coupe de la honte jusqu’à la lie la cuisse rôtie en l’air ?

Au moins, Jean-Pierre Coffe, lui, parlait aux bêtes et aux légumes avant de les cuisiner.

Finalement, l’affolement de ce globe oculaire s’explique.
On peut comprendre qu’elles nous fuient.

 

                                           

                                                                    Corine

 

 


12/11/2018
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Pauvre tache d'eddy !

 

 

 

Pauvre tache. L'écœurement m'oblige à protester et à évoquer un artiste dont je n'aime pas vraiment parler, par une sorte de pudeur peut-être étrange. 

Je n'avais entendu que la fin du propos du gondolant Incertain Eddy Mitchell, en zappant. Je viens de voir la totale. 

 

Ce ne serait pas un blog, je dirais bien que le fion d'Eddy Mitchell souffre d'une carence de plumes. Ou qu'il faut procéder à un dégagement, qu'il y a eu un mauvais passage. Ah qu'est-ce que vous voulez, la grossièreté engendre la grossièreté. 

 

Mais il faut être polie, donc je ne me prononce pas. Vous n'avez rien lu. 

 

« David Bowie, un escroc avec une plume dans le c. et des cheveux en pétard » Je cite Mitchell. 

Les cheveux, je m'en fiche. Le c. de Bowie le regardait (ne pas en avoir fait un aussi considérable usage gêne peut-être Mitchell).

Le compositeur, chanteur (sur plusieurs registres de voix), musicien - saxophoniste avant tout - arrangeur, producteur, acteur(*), mime, peintre, qu'était "l'artiste caméléon" qui ne se fondait nulle part est tellement plus accessoire !

Si Eddy Mitchell l'a dit, c'est qu'il sait. Le respect avant tout.

 

Mais comme j'aime rire (là, moins), que je suis outrée, que c'est mon blog et que je n'aurais jamais eu d'intérêt soutenu pour la musique sans David Bowie avant, pendant, après ses périodes "tendance", je poursuis brièvement. Brièvement, comparé à l'énormité. 

 

 

Ne pas critiquer ce que l'on ne connaît pas doit faire de nous des introvertis pathologiques. C'est qu'un blog, donc une goutte d'eau dans ces mers virtuelles, mais que n'ai-je balancé un avis sur la carrière d'Elvis Presley  - que je connais mal - en ne parlant que de son poids ? Pour faire un mauvais jeu de mot, puisque nous plafonnons dans le bon goût, ce serait léger-léger et complètement stupide.   

 

 

 

 

 

De qui parle-t-il, Mitchell, le sait-il ? Il est capable de citer le tube "Let's dance" (difficile de faire autrement tant en 83, ce titre submergeait les radios). Donc, il connait bien. Bluffant !

 

 

J'essaie d'être aussi intègre que Sir Eddy (un gentleman) dans mon développement. Allons-y, on va voir si ça se tient.

Mitchell a travaillé avec Gainsbourg. 'Paraît qu'il était fan de l'emplumé du croupion, Gainsbourg (dixit Françoise Hardy qui ignorait ce détail aviaire mal placé, mais citait de bonne foi le nom). Fan ? Captivé, Gainsbourg, sans doute possible. Un "amour" vache était plus patent, dont il déposa le message dans la jolie bouche d'Adjani : « Tu sais que tu es, beau oui, comme Bowie...». Pas bien méchant, mais quel jeu de mots subtil ! Juste pour emmerder Mitchell, si l'on s'embarque sur des chicaneries, on peut causer du laxisme occasionnel de Gainsbourg qui reprit 3 mots de Verlaine et en ajouta à peu près autant, tournant en boucle. Mais il a raison Mitchell, il est impartial, Mitchell. Et puis, on reste en France. Moi aussi, j'aimais bien "Je suis venu te dire", quoique  préférant de très loin "Comment te dire adieu", ou Love on the beat", par exemple : ça, c'est grandiose ! Loin de D. Bowie. Si loin ? « Oh babe...(...) !» « I tell you, I said I want your love » (soit c'était mon imagination débridée, soit le final de "Love on the beat" contient une belle imitation, dans la dernière phrase masculine). 

Mais il faut se tenir loin de ce prestidigitateur aux yeux verrons, c'est loucheIncertain, c'est caca.  

 

 

Quel classe "monsieur" (Monsieur ?!?) Eddy de qualifier un définitif absent d'escroc avec des plumes dans le c... Ce ne sont pas tant les plumes, mais cette arrogance de qualifier cette carrière d'attrape-nigaud(s). C'est notre Keith Richard français, le Père Mitchell, mais sans drogue, mens sana in corpore sano, tout naturellement, la langue sur la gâchette, en vipère rieuse. Si encore il y avait un trait d'esprit ! Il cherche peut-être encore son chat, le Père Mitchell pour récupérer un chouia de finesse. 

Je n'attends que d'être ravie par les recherches abouties de cette "vieille canaille" jusqu'à son dernier souffle comme le fit ce dindon du rock (restons dans les plumes). 

Bowie n'aurait été que beau, nous aurions été nombreux à nous contenter de ses photos. Que d'économies aurais-je encore ! Mais à côté de quoi serais-je passée, surtout. 

Le succès de "Let's Dance", aussi intelligent était-il, ne pouvait pas être prévu par son auteur, comme les hits ne le sont pas. Il a su s'en servir, c'est différent. Et c'était bien Bowie :-) Il y aurait bien eu un autre adjectif, beaucoup plus sympathique à ce sujet, mais "escroc" est lamentable.  

 

Mais où la cigale Eddy-la cigale chantait elle quand Bowie bossait au Château d'Hérouville ? Quand sa maison de disques était paumée devant ses choix ? Quand il refusait de produire du pré-digéré, expérimentait ? Le blème, c'est qu'il trouvait, innovait, le feignant ! Un type qui ne se répète jamais, ça coince, ça agace. 

 

 

Il est tout à fait admissible (et légal !) d'aimer ou non un artiste, mais pas de lancer une phrase stupide qui ne recouvre rien, d'un air suffisant et doctoral. J'ai souvent pensé qu'on pouvait ne pas aimer les attitudes de David Bowie (par ailleurs tellement drôle), mais qu'il était impossible de ne pas tomber sous le charme d'au minimum une dizaine de titres. Bowie est le type même du délit de belle gueule. Et puis, ce culot de se servir de tout ce qu'il avait pour lui ! 'Y a pas, quand on est fair-play dans la vie, on le met en sourdine ?!

 

Mais je vous vois attentifs et haletants, alors continuons Innocent. Je ne crois même pas que Mitchell parlait de l'homme d'affaires qui mit ses actions en bourse (ce qui ne fit pas le bonheur de tout le monde. Soyons juste, on oublie très vite le Bowie ruiné au milieu des années 70 quand on évoque le businessman), ni d'un fréquent usage d'oxymores en début de carrière - sans pour autant s'en contenter.

DB était trop fier de son parcours pour se rabaisser à une commodité. Les débuts n'avaient pas été confortables, ni aisés, ni donnés. Mitchell n'a pas entendu ses mea-culpa souriants et fatalistes (sur 1 album). L'album de 1985 ne ressemble pas à celui de 1983, ni à celui de 1987. J'ai bien vu que l'on compilait, de 1983 à 1988.

Puis le groupe Tin Machine commercial ? "Outside" commercial ? Laisser-moi me gausser. Attendez, je m'étouffe et je reviens. Toute manœuvre n'est pas commerciale. Je n'ai pas dit qu'il fallait pleurer dessus, non plus.  

 

 

 

 

 

 

 

Me revoilà, un peu ré-oxygénée. 

Oh la reprise de "Fame" remixé ? Mais Mr Eddy connaissait-il sa création en 75 ? (en collaboration avec Lennon). 

Bowie a été récupéré par snobisme (je m'en souviens très bien), était selon ses propres dires "élitiste", mais cela ne l'a pas empêché d'être snobé. Selon les vents.

 

Si encore Mitchell avait préféré mettre l'accent sur la souche révolutionnaire des talents des années 70 que furent les Beatles, ça aurait été compréhensible - et parfaitement vrai. Mais non (pourtant de son époque !).  

 

Monsieur Eddy a une méthode de communication qui le fait maintenant connaître : tonitruante sur ce qu'il n'a JAMAIS écouté. Les provocations de Bowie étaient inventives, vivantes (même en 2018) celles de Mitchell sont aigres. 

Quel théâtre a introduit Eddy Mitchell dans la musique, où a t-il été fouiller ?

Doit-on se cacher qu'il nous donne une dernière séance entre deux farniente pour reparaître au programme ? 

 

Mitchell a dû entrevoir des films taillés sur mesure et les commentaires tout cuits. 

Mitchell il a vu un mec chanter "she says chhhhttt" et il a fermé l'écoute. 10 ans avant, il a vu une crête rose et il a coupé le visionnage. On lui donnerait une lessive à faire, Mr Eddy n'attendrait pas le linge pour appuyer sur le bouton. Pas d'étoffe, mais ça tourne. Pas de matière, mais il façonne à sa façon et se retourne pour voir s'il fait rire. 

 

 

  

Il y a quelques années, c'était Grand Corps Malade qui faisait « chier » Eddy Mitchell. C'est vrai, ça, un gros naze, Grand Corps Malade. Il a raison, le grand poète de Memphis. 

 

Monsieur Eddy a chanté quatre ou cinq bonnes chansons, s'est assoupi depuis longtemps, a fait rire (y compris moi) sur quelques films et vit de ses vacheries sonnantes et trébuchantes. Mr Eddy n'est pas commercial, non !!! Mais a bien compris le buzz. Ca fait vivre. Incorruptible Eddy.    

 

 

 

Une autre hypothèse, Mitchell est un mainate qui n'a pas saisi "I'm a rock and roll bitch for you". 

A côté du bagage de la provocation, il y avait d'autre malles et un talent génial chez David Bowie. Ce n'était pas un saint, loin de là, mais qui le lui aurait demandé ?

Il manque une couleur majeure depuis 2016. C'est bien parmi les chose auxquelles je ne me ferai jamais. 

 

 

 

 

Mitchell a ricané face à la journaliste qui a au moins cité "Rock and Roll Suicide" pour lui répondre. L'argument était parfait, mais la protestation était faible dans le ton et peu étayée. L'unanimité me semblait suspecte il y a quelques mois, mais entendre ça, c'est le ras des pâquerettes, la bêtise en plus. Le buzz a bourdonné. 

 

 

Qu'est devenu le prêtre de "Pas de Boogie Woogie" ? (« mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, reprenez avec moi tous en cœur »)

 

Sorti de ce corps, un "humour" exorcisé qui ne va nulle part et ne vient surtout pas d'ailleurs.  

 

 

En plus qui me fait cochonner mon blog après un texte zen. J'aurais dû mettre un intercalaire. 

 

Je ne regretterai jamais mes mots, mais d'avoir entendu ces propos, et ce dégoût. Ca tache aussi. 

 

                                                                      Corine

 

 

 

 

 (*) qui ne se résume pas à "Furyo" ! (ne serait-ce qu'ici, on peut juger de la "nullité" de l'acteur sur un lien du 08/01/18). 

 

 

 

 

Pour nettoyer tout ça, le charme anglais qui chavira à juste titre Gainsbourg :

 


 

La plus adulée des Anglaises en France, à l'humour irrésistible. Je vais encore chipoter, c'est bien beau les rimes, mais où il a vu qu'elle avait le nez aquilin, Birkin ? STOP  !Rigolant

 

 


26/10/2018
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Sous des feuilles d'acanthe

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’étang est lisse, muet de torpeur. Trois âges pourraient s'y réfléchir. Un bébé crie, câliné par sa nourrice aux formes affables.

 

Cet été à Vienne est plus lourd, ou suis-je plus las. Mon dos est douloureux, mes jambes fatiguent comme celles d’un vieux sculpteur. Je suis allongé et regarde, à quelques mètres, mes possibles prochaines muses. Sous l’arbre, la plus jeune des jeunes femmes pleure sur l’espoir. Les tragédies les plus tortueuses et les plus tendres commencent à 15 ans.

 

 

Je m’affale dans ma paresse. L'aînée retient mon regard, je le soutiens, elle l'évite. Je reconnais ces vraies prudes, car je connais les autres. Je sais que ses traits m’inspireront plus tard, à l’atelier. Comme elle est jolie, derrière son éventail ; quel accessoire de rêve qui prépare nos cœurs à la beauté.

 

 

La jeune fille assise sur son banc, dans ses mains de pleurs, me pousse à la mélancolie que j’étais venu fuir ici, harassante autant que la chaleur.

 

 

 

Je suis ainsi contraint de ruminer ce que j’ai quitté pour quelques heures. Je n’ai pas oublié ma bouteille, autant lui faire honneur.   

Je voulais que Hannah se plie à ma volonté de la faire entrer dans l’âme du portrait que je désirais faire d’elle. Elle n’a pas voulu de la biblique Judith qui lui aurait été si bien. Elle est assez froide quand elle calcule, ses jugements sont rudes, elle compte sur mes faiblesses. Ses verbiages, nos paroles de poison parfumé, son sang de poisson m'agacent, mais me font tourner la tête. Elle sait agréger en sa jolie personne ma satiété, mes bacchanales, ma rage d'elle. Elle pense avoir une prépondérance suffisante pour me faire signer un blanc-seing sur notre union. Elle a trop de prétention pour concevoir de défiance. Elle n’en a pas envers Emilie. Elle a tort. Mon Emilie peut prendre tous les habits, aussi calme, aussi forte qu’un rosier sous un arbre, aussi stable que je suis volage, au pire, fantoche, mais également fidèle, à elle seulement j’adresse un baiser sans peinture. Charnelles, mais sans esprit, les unions comme Hannah durent ce qu'elles durent, sans trait, avec un point final. Et quelques bruits d'assiettes - s'il en reste. 

 

  

Je ferai de Hannah au moins un portrait de femme. Si elle finit par m’écouter. Elle n’entend rien à l’art, mais tout à l’amour. Je ne sais pas si je perdrai longtemps au change. L'art, la vie, l'amour, la mort.

 

 

 

Dans l’étang, les ondines se gondolent, serpents d'eaux inquiétants. Je sais qu'elle m'inspireront des dévotions multiples, opposées, peut-être. Un homme aveugle passe devant les grilles du parc. Son visage exprime ce qu'il reçoit en félicité d'une symphonie de Beethoven que les fenêtres ouvertes de l'opéra laissent entendre. Les ondines sont assourdies par l'eau et leur serment.

 

Avant de partir, j’ai compris que l’eau nous trompe. Ce n’est pas un étang, mais la Mer Egée qui trahit Acrisios et cache la rousse Danaé.

 

La jeune fille a abandonné son banc, a incliné sa jeune tête sur un instrument que je n’avais pas vu. Une autre musique a dit les mots de son cœur quiescent. Je n'entends plus Beethoven.

 

 

Je suis rentré. Je suis un peu gris. Je veux la garder, lui donner une histoire, elle que je n'ai pas approchée non plus, dont je ne sais rien. Sa présence ne m'est pas nécessaire, mais il faut faire vite.

Dans cette vapeur souple, je la situe dans un temple aux feuilles d’acanthe. A revoir. Peut-être autre chose autour, plus cosmique. Peut-être des sphinx. 

Ca ne marchera certainement pas, une jeune fille, une musique. Les commandes rachèteront ce qu'ils appelleront un échec. J'ai la bonne fortune qu'Adèle B-B soit une commande inspirante, toute en dignité, si belle aussi, si belle... 

 

La jeune femme à l'éventail attendra, ces émois sont différents. Elle s'est fait en un instant une place solide en ma mémoire.

 

 

Pour l'instant, je lève mon verre aux âges : à la jeunesse et à l’Accomplissement. Je n'attends pas de clarté, ni de savoir, je commence. Une jeune fille au teint pâle, à la robe sombre accroche ses doigts aux premières notes. 

 

 

                        

                                                                           Corine 

 

 

 

 

Ps : ne cherchez pas dans ce texte un ordre chronologique à ces tableaux de Gustav Klimt : il n'y en a pas. Je ne lui connais pas non plus cette Hannah (mais je ne suis pas une spécialiste). L'histoire est une fiction (autant que les pleurs de la "jeune fille assise"), le jeu est de repérer les noms de tableaux dont j'ai truffé cette page (je viens d'en citer un).

Ou tout simplement de lire sans réfléchir, ce sera aussi bien !

 

 

 

 

 

 

 

 

La jeune fille Klimt.jpg

 

 


21/10/2018
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Ce beau "nabot" de talent et de courage

 

 

 

Je venais de lever le pied sur l'écoute d'Amy Winehouse et j'allumai la radio. 

Encore une personne au sujet de laquelle plusieurs voix parlent en même temps au passé. 

Oh ? Non ? Mais il était en pleine forme il y a 2 mois ??? Je vous vois venir, vous allez me dire que juste avant d'expirer, il respirait encore.

Quitte-t-on donc une nostalgie pour une autre ? Mais c'est qu'on n'en veut pas !

94 ans, c'est courant. Ce qui l'est moins, c'est d'être aussi actif et positif à cet âge. Si Aznavour va manquer, cette mort a également le mauvais goût d'insinuer qu'il n'y a pas de notice à portée humaine pour s'assurer d'une longévité dans une sagesse et un bonheur d'y être. 

La garantie n'existe pas, mais pourquoi pas. N'oublions pas que Charles Aznavour était en tournée.

Vouloir tirer un peu plus sur le nerf du temps, ou vouloir vivre de passion, la question est souvent là, fréquemment incompatible. Il désirait les deux. Le choix, toujours le choix à faire. Incertain   

 

 

 

 

 

Qui pouvait être plus accompli, en France, que celui à qui l'on n'accordait rien, aux débuts plus lents que ceux de Brel  - ce « raté » d'avance - ou Belmondo - beaucoup trop «laid» pour être acteur...

 

Etre sûr envers et contre tous, quel premier courage, en dépit de sa propre liste de défauts et de qualités. 

Et combien a-t-il eu raison de n'écouter que son acharnement, au lieu de celui dont il était victime ! 

Je n'étais pas littéralement "fan", mais je ne peux compter combien de chansons j'ai pu écouter 4 ou 5 fois en quelques minutes.

 

 

Une de mes préférées, je t'aime a.i.m.e" mettant dans sa bouche les mots d'un amoureux fâché avec l'orthographe, écrite par cet homme « inculte » qui possédait le raffinement des lettres dans sa cave aux trésors :

 

 

 

 

 

Il fallait oser, au début des années 70. Quel talent d'auteur et d'acteur ! Cette chanson, si superbe, a dû en convaincre beaucoup, mais elle n'a pas tout changé. Des « ténors de la bêtise » ont continué à faire autorité. Il faudra même encore un peu de temps, en 2018, pour que le respect dû à ceux qui éprouvent ces penchants soit unanime et authentique et non une mode. 

 "La cage aux folles" a comblé des salles et eu deux suites. Il y a plus de 30 ans ! L'homophobie, le harcèlement existent toujours. 

Les lois sont nécessaires, mais ne font pas tout. Elles forcent la société présente et surtout future à devenir indulgente. Et c'est trèèès lent. 

Reste toutefois incompréhensible que ce chef-d’œuvre de plus de 40 ans n'ait pas suffi :  

 

 

 

 

 

 

 

Les années 60 - 70, les rythmes endiablés. Les amis, les amours, les emmerdes aussi... 

 

Les airs psychédéliques ne sont plus écoutés que par ceux qui les recherchent (dont moi !). Des stars aux vives étincelles se sont envolées, sur "une aile, ou bien deux". Le fait est que sans pouvoir le prévoir et n'y être pour rien, Mr Aznavour en a enterrées beaucoup. La mort n'attend pas le nombre des années. 

 

Il était là, avec le talent d'une écriture de haute couture et sa plaisante sérénité. 

120 ans, c'est son seul pari perdu. C'est bien dommage. 

 

 

 

 

 

 

 

Pour le plaisir de revoir Hugh Grant, mais tout aussi franchement, "She" est, à égalité avec "Mes amis, mes amours...", la première chanson qui me vienne à l'esprit quand je pense à Charles Aznavour, selon l'humeur. 

"She" est si belle, "Mes amis" est si drôle.  

 

 

 

Je comprendrais très bien un hommage national, en complet bleu, pour l'auteur-interprète et l'acteur. 

Ce serait plutôt drôle, car il était l'antithèse de cet homme au complet bleu. Mais tout est parti de là. 

  

                                                                       Corine

 


01/10/2018
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Toute petite réflexion sur une contradiction

 

 

 

  

 

Si l'on y songe. tout de même... 

Dans la vie, on fait ses classes, mais on est toujours influencé par de vieilles maximes. 

 

 

« Les contraires s’attirent », dit un proverbe. Très bien, très bien.

Oui mais alors, alors, après ?

Ils s'attirent, ces contraires, mais jusqu'où vont-ils ? 

 

La maxime n'en dit rien. Il n'y a pas de suite, elle s'en est tirée avec 3 mots. 

La raison de ce passage sous silence peut se cacher dans l'assertion suivante et la gêne que leur coexistence suscite :

« qui se ressemble s’assemble » ! 

 

 

Et débrouille-toi avec ça ! 

 

Qu'est-ce qu'on fait avec nos contraires, nous, maintenant ? Lequel doit changer, s'il faut se ressembler ? Incertain

 

Scène de synthèse mouvementée, en binôme sur le sujet : 

- c'est toi !

- non c'est toi !

- il n'y a pas de raison, tu m'as dit hier que j'étais irremplaçable.    

- Ca ne change rien. Ma mère m'a toujours dit que j'étais parfait. Point.  

- Oui, c'est parfaitement objectif ! Si on va par là, la mienne m'a dit que j'étais une crème. Point. 

- Mais je ne vois pas ce qu'il y aurait à changer chez moi. 

- Et moi donc ?

 

 Etc, etc, etc, etc.

 

 

 

J'aime bien les adages, mais c'est un peu irresponsable de se débarrasser des âmes tendres comme ça. 

Avis aux générations débutantes.  

                                                                           Clin d'œil

 

 

                                 

                                                                                              Corine 

 


01/10/2018
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Rien en septembre ?

 

Mais, se peut-il ? Comment se fait-ce ? Je n'ai rien écrit en septembre ????? 

 

Impossible. il y a confusion ! Je suis sortie de mon corps. Vous croyez ? Un reliquat de la lutte contre la canicule, vous pensez ? Moi, muette ! RigolantSourireClin d'œilRigolant

 

Je vois surtout par mes mails, ce soir, que j'ai un sacré retard dans mes réponses. Vous n'êtes pas 1000, ni 100 à commenter et j'ai du retard.  

 

Une fidèle blogueuse, Gisp, a suicidé son blog. Je n'ai vu aucun signe avant-coureur ! L'essentiel est qu'elle aille bien (je lui ai demandé de ses nouvelles. Elle m'a répondu). J'ai du culot, ayant le même antécédent à ma charge, à de multiples reprises (sans en faire disparaître le contenu pour moi), mais ça m'a fait un choc. Elle est pour l'instant restée dans mes abonnés, mais c'est une présence, des découvertes de son talent qui nous sont supprimées. 

On dit qu'on repassera et, sur le moment, tout le monde est de bonne foi. Moi, ça me fait l'effet de ce qu'on se raconte en piétinant sur un trottoir entre 2 activités qui pressent : "on se fait une bouffe ?" avec une interrogation dans cette gaieté que l'on sait déjà un peu forcée.

En tout cas, nous, ses habitués ne pouvons pas retourner voir ses visages et ses terres de couleurs. 

 

C'est la vie, c"est la vie...! "That's just the way is goes" (cf. clip précédent pour ceux qui n'ont pas suivi).

 

 

J'avais dans l'idée de relire tout le "Pacifique,..." (texte précédent que je n'ai pas vraiment relu avant de le publier) et de couper là où ça pourrait être répétitif sans raison de l'être (s'il y a un motif, je garde tel quel !) Je n'en ai pas eu le temps et pensais même que ce billet datait de septembre (j'ai vu court !). Je rectifierai peut-être la forme, mais en rien le fond. Ce serait malhonnête. 

 

Je répondrai à chaque commentaire, bien sûr. Rien ne change.  

Merci à vous. 

 

 

Pour me donner un large sourire quand c'est par le biais du Net, j'ai un moyen infaillible que je n'ai pas encore utilisé ici Innocent:   

 


 

 

 

La finesse, l'imagination, la musique, héritière des Beatles et la valse, la joie, immodérées. J'idolâtre ce titre. 

"Butterfly Ball", c'est toute ma belle enfance. Quand il y a les images, je ne vois qu'elles pendant 3 minutes 30, je me souviens et c'est aujourd'hui pareil, par magie. Le temps se contracte, l'espace grossit, ces entités se divisent. Glissons-nous. La loi de la relativité se perd dans ce concert champêtre. Cette grenouille n'a pas une seule ride. 

Je laisserai toujours ce livre mental des premières années entrouvert.

 

Je souhaite que ce clip vous entraîne dans sa joie, au terme de ces heures dominicales, ou demain, ou après.   

 

                                                            Corine 

 

 

 


23/09/2018
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C'est rapide, le Pacifique, Jojo

 

 

 

Mon nom est Daniel, Daniel tout court. Je ne suis qu'un exemple, un échantillon. Mon port de départ était classique.

Je ne sais pas combien d'heures supplémentaires je fais aujourd'hui dans la rue. J'ai un toit, malgré tout et j'y tiens. J'en suis presque fier. 

La société que je connaissais, c'était avant pour moi une Communauté, avec une belle majuscule comme un prénom fraternel. C'est difficile de savoir comment parler de tout ça sans vous retenir longtemps. Excusez-moi pour cela, mais vous êtes libres de partir, à tout moment. 

 

 

 

"Ensemble".

J'y croyais. Je ne peux pas affirmer n'avoir jamais jugé. Ca se dit beaucoup, pourtant, « je ne juge pas ». Je ne dois pas être normal.

On dénonce, l'anti-sectarisme, oui, très bien, mais il y en a plusieurs. Tous ne semblent pas gênants.

Il faut « faire du sens » pour soi et être indulgent envers l'autre. C'est superbe, c'est ce que j'aime. On en disserte statistiquement plus entre "Psycho Magazine" et "La Croix". Ce sont aussi des sujets de magazines sur 3-4 pages, de livres de rayons spécialisés traitant de "santé et forme" (j'aime moins), ou de traités de Sciences Humaines, ..., ...,

 

On avale des mantras modernes comme des pilules pour mieux vivre. Ils sont bons. Mais comment les digère-t-on ? Et combien de temps faut-il pour les assimiler, ou les expulser ?

Ca dénote. Il y en a qui appliquent, des gens bien, des gens vrais. D'autres qui ont bien appris les leçons, s'approprient ces antiennes (qui durent !), mais sur qui elles ne déteignent pas. Si encore ils n'en parlaient pas. Je n'ai pas cité le mot "empathie" qu'ils ont appris par cœur. Je sais qu'il en été question sur ce blog. J'en vois tous les jours. Je les désignerais bien comme des laïques de la solidarité, les aveugles de l'auto-critique. Ils prêtent serment, mais ne pratiquent pas. Ca ne signifie plus rien !

Suis-je, moi, un saint ? Non. J'aime les gens un par un. Les groupes et l'hypocrisie m'ont usé et font de moi un misanthrope de la masse. Je ne les comprends plus que dans leur douleur. Je n'ai plus d'humour depuis longtemps. 

Il n'empêche qu'on construit toujours de nouveaux ghettos. Des tas d'ensembles qui ne se touchent pas. 

 

 

Je ne tiens personne pour responsable des décisions que j'ai prises. Je couche ces lignes sur l'exclusion et sur l'équité. Car j'avance le droit à l'invulnérabilité d'une identité. La balle a traversé le filet, mais n'a pas tout déchiré.  

On ne leur demande rien, mais il y a ces regards alignés où chacun essaie de jouer le bon élève, celui qui regarde l’autre, au besoin lui jette les défauts qu'il ne supporte pas chez lui. Ca commence très tôt.  

 

Je connais depuis quelques années des gens aux regards de cimetières. : « que fais-tu, toi qui n’est plus des nôtres ? ». A croire qu'ils ont peur que moi ou d'autres infortunés les précipitions dans la fosse. C'est pourtant dans leurs yeux que je sens les ténèbres. 

 

Couper l'écoute quand la distance est trop grande pour pouvoir se comprendre. 

 

J'écris pour moi, comme on pousse un cri sur la folie obèse pour se sauver des fous. Il y a une multitude de folies ordinaires, celles qui ne choquent personne.

 

Le temps a passé mais c'est allé très vite. Je suis dans le même chaudron où je bous, où je fonds et coule mon existence. Je n'ai presque plus rien. 

Je me permets de vous raconter une page de mon histoire, car mon insignifiance peut devenir celle de beaucoup. Il n'y a pas même pas besoin d'être mauvais dans ce que l'on fait. Je ne l'étais pas.

Pour se retrouver très bas, dans le monde social, il suffit de dégainer un matin le courage que l'on ne possédait pas avant. J'ai souvent considéré, quand je l'exerçais, ce métier comme un choix inadapté. Il me ressemblait si peu. Je me suis souvent reproché ce que j'appelle ma « lâcheté de la feuille de salaire ». Ne pas être un raté, ne pas avoir essayé d'essuyer l'échec, ne pas avoir risqué gagner. Rester là, dans un bureau au milieu de ces feuilles, de ce stress et de ces ragots.

Ironiquement, je pourrais dire ici, tel que je l'écrivis en guise de plaisanterie à une personne qui n'avait rien à y voir, que je faisais preuve de stabilité sur mon CV, en dépit de sa "suspecte" diversité : j'entretenais un rapport d'une stabilité fidèle, inaltérable, avec ce métier : je ne l'aimais pas.  Ce qui me préservait pas du contresens de l'exercer jusqu'à une perfection maniaque. Jamais nous ne sommes menti. C'était un lien indéfectible d'aversion. Lui et moi entretenions la conviction que ce serait jusqu'à ce que le plein octroi des annuités nous sépare.

 

Ouais, sauf que.

 


Démission. Un abandon de lutte pour un rien de salaire, des employeurs qui vous croisent et font semblant de croire que l'on vit sous leur toit, sans frais. Après  des arguments, après de l'attente, après des efforts, après des réussites. Et beaucoup de foutage de gueule, pour parler poliment. On ne peut pas dire que j'étais passif. Que j'avais la langue dans la poche non plus. Il n'empêche que la balance devenait ridicule. Je le sentais, ce chantage, soutenu par les temps qui courent. Il faut une carotte pour menacer. Je la discernais de moins en moins.  

Sort de là si t'es un mec : je l'ai pensé et j'ai cru juste de m'obéir. J'ai mis les voiles. 

 

Je ne l'aurais jamais regrettée, cette démission, mais ce n'était plus le moment. Les œillères que je décollais déjà pour les remettre, un quart de temps, il fallait les ôter définitivement, mais avant. Je ne sais pas quand. Muter et éviter un jour l'implosion, la vraie, les bombes qui ne cessent d'exploser à l'intérieur, puis vous dépassent, dans tous les domaines. Et pourtant - soyons aussi mesquin qu'eux 1 minute - mon rival était plus âgé, moins qualifié. Allez savoir pourquoi, c'est lui pourtant, hystérique de rage un jour, qui resta. La tache qu'il fit, bruyante économiquement gênante, fut effacée.

 

Ce n'était pas un coup de tête. Lorsque j'ai énuméré mes motifs de départ sous une accumulation de raisons, deux personnes de Paul nom de famille Emploi m'ont dit : « mais qu'auriez-vous pu faire d'autre ? ».

Pour vous dire que ce n'était pas spécialement expéditif.  

Si. Si j'avais su, je me serais battu jusqu'au bout. J'avais toujours rebondi. J'aurais mordu plus fort et qui le méritait.  Je sais que je n'aurais pas perdu. 

La crise s'était déjà montrée et même elle incrustée, j'étais passé par-dessus. Je n'étais pas orgueilleux mais j'avais l'expérience de ces saute-moutons. Je trouvais. 

Plus on réchappe de justesse à des accidents, plus le danger est grand. On croit le connaître, on croit conduire. Le virage d'une route en épingle à cheveux, on le prend plus mal qu'un autre en "sachant" les yeux fermés.   

 

J'ai compris lors de silences d'entretiens que la multiplicité des postes que j'avais occupés  n'était pas analysée comme une aisance à l'adaptation, mais comme une preuve de versatilité préoccupante.  

  

 

J'ai espéré une reconversion, quelque chose qui serait plus proche de ce que je suis. A bas la feuille de salaire et la sécurité. je n'avais pas de métier en tête mais des sens à suivre, des aptitudes prouvées, d'autres à approfondir. j'avais l'esprit prêt à la découverte, sans naïveté, mais prêt au changement, actif. Qui ignore le chômage ? Il m'avait laissé si longtemps dans la réserve ... Je n'étais pas spécialement gai. J'étais contre ce qui croule. J'étais contre baisser la tête. 

J'étais pour l'humanité. J'étais parti aussi pour cela : «  un métier plus humain et pas qu'en façade ».  

J'ai rencontré des inconnus se disant « pleins d'imagination » pour moi. Un temps crédule, avant de chuter complètement. J'ai connu les boutons de l'ascenseur qui ne se bloquaient jamais, mais des étages que je n'avais jamais pris. Plus bas, plus lents, sans un arrêt entre deux, jusqu'à bouffer de la nausée. 

 

 

Dès ma plus verte jeunesse, en bon idéologue, je n'ai jamais pensé qu'il fallait être économiquement "utile" pour être bel et bien vivant ! Un être n'a pas à se justifier d'exister. J'ai toujours prêté attention aux clochards dont je pense qu'il aurait suffi de peu pour qu'ils n'en soient pas là. Ecoutez-les. Ce sont loin d'être des imbéciles. Vous en trouverez bien davantage qui ne comprennent rien dans de beaux sièges. Ce n’est pas une condition de cause à effet, mais ça arrive bien souvent. Bien trop. Mal trop, plutôt.

Je ne dois rien à personne. Je n'ai pas risqué, je n'ai pas tenté d'échec, ou de gourmandise je parlais de la couardise de la feuille de salaire, mais je suis un peu dur ; j'avais pour obsession d'être libre de ne jamais rien demander. C'était ça pour moi, la liberté. Souvent, dans ma vie, je n'ai pas assez osé pour cette raison première. 

 

 

Les mois, les chocs de toutes autres sortes, les coups ont porté. Mon visage a changé à force de se crisper pour ne pas craquer. On disait que je souriais si fort, si large, si clair (je cite).
Il arrive ce moment où je vois ces regards si particuliers d'étrangers que je ne connaitrai jamais qui se posent sur moi, mais sortent déjà des creux de mon visage. Il y a une gêne à voir les tourments même ceux dont on essaie d'avoir la pudeur de les dissimuler (c'est bon sur commande à la télé-réalité, en gros plan et puis on peut zapper).

Ils me regardent comme s'ils hésitaient à croire que j'existe, où me mettre. C'est un état que je n'ai jamais connu : nos irrécupérables différences sont encore plus criantes, mais je n'ai pas honte. Je me demande juste ce que je fiche encore là.
Je trouve déplacé d'une société qu'elle contienne tant de réalités glacées sur des paroles soyeuses, Je, on ne demande rien, surtout pas de nous mentir sans nous trouver de cases si l'on n'a pas d'évidence. Le réaliser est encore plus brutal.


Avoir toujours quelque chose qui dépasse. Depuis le début, c'est ainsi et ça semble entendu, évident. .

J'ai l'impression de regagner le pays de l'absurdité, mais d'y avoir sauté encore plus loin.
J'ai fait un choix, mais pas celui-là. Les gens... La distance est si longue. Je n'ai plus de bouclier autre que mon indifférence, leur mise en relativité. Mais je ne suis pas trop doué pour ça. Mon indifférence souffre de points de côté.

Du temps de nos espaces communs, j'ai toujours trouvé normal d'entendre rires et lamentations, de les écouter. C'était même enrichissant, sans voyeurisme, ça, ça m'aurait écœuré. Je crois qu'on se fait toujours du bien de donner. Je ne regrette rien de cela.
Je déteste l'amertume, c'est un mot que l'on entend sans arrêt. Je crois qu'on la confond avec un profond chagrin. Peut-être faudrait-il écrire là-dessus.

Je suis encore là parce que j'ai toujours cru qu'il y avait des portes. Je n'ai jamais perdu la jeunesse de pouvoir être surpris. C'est étonnant, d'ailleurs j'ai une aussi grande capacité à la méfiance, qu’au cynisme et à l'épatement ravi.

Certains matins, j'ai pu me dire qu'il y aura forcément une ouverture qui laissera passer le son. Je regrette de vivre dans ce froid glacial.

 

 

Je fais toujours de nouveaux points du parcours. C'en est un. Que reste-il encore, bon sang ? Il n’y a pas que le travail, bien entendu. Je suis sorti de gravats de mots et de ruines, comme on découvre qu'on est immortel dans un monde où il n'y a plus que soi. On peut avoir le talent de mourir en une fois. C’est une chance, un art irréfléchi, celui de la vie, cette grande irresponsable. Ca se rejoint. D'autres meurent en plusieurs fois, par petits bouts, à grand feu. Je ne sais pas si ce sont ces derniers qui sont à envier, vraiment. J'en fais partie.

Par mon désespoir dans ma vie en guenilles, j'ai abîmé sans le vouloir. Ca, c'est plus compliqué. Ca fait partie des puzzles.

L'angoisse a lâché un peu à ce moment-là, surtout parce que je ne voyais plus quoi craindre.

 

Et pourtant le croiriez-vous ? C'est moi que l'on appelait pour avoir une épaule, car il n'y aurait eu « personne comme moi ». Je ne l'explique que par l'instinct que donne l'habitude. 

 

J'ai continué à changer, à tenir et, comme dit la chanson, je me suis appris à rester au départ, par colère, puis surtout jour après jour, pour ceux qui m'aimaient encore, que je voyais un peu,. Ceux pour lesquels j'étais un soutien inexplicable ont fait beaucoup pour moi, mais ne l'ont pas compris quand je le leur ai dit. J'ai tenu par hébétude aussi, il faut bien le dire. La poudre blanche des cachets et les associations sont revenues, avec leurs effets secondaires et pire : la perte des mots, du temps, le manque de repères des mois, de la saison pendant quelques secondes, la difficulté dans les comptes. Je n’aurais pas su ce que je me faisais, j’aurais pensé à un Alzheimer précoce.

 

L'alarme du téléphone sonnait, ne me réveillait plus.

Tout était fait pour que je continue pas et j'ai tout fait pour qu'il en soit ainsi.

 

Je n'ai plus avancé. Je suis pas allé de saison en saison. Elles sont passées sur moi. J'ai laissé faire, sans rien voir. 

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Il y a d’autres bureaux où je m'assois en tant que cas social. "Un cas sos" que l'on essaie de caser. 

J'ai survécu, je suis plus que jamais un combattant. Un combattant qui explique la société. Ils ont mon dossier. Ils dodelinent à mes discours qu'en effet, "ce n'est pas faux"... Je crois qu'ils pensent que je suis un peu fou, un fou de vérité, un fou dont la logique se tient, ils se demandent comment, mais qui dérange. Fou, il est possible que je le sois devenu. L'un d'entre eux m'a suggéré que je devrais partir en vacances, qu'on y a droit. C'est mieux montré, la misère, au cinéma. Pourtant, on paye. Moi c'est gratuit, mais il n'y a pas d'écran. Je déstabilise, j'importune. Les films sont éloquents. Ils ne suffisent pourtant pas. Ils me raccompagnent poliment sur leurs seuils.  

 

Je suis un quiproquo à quasiment chaque rencontre, de quel genre que ce soit. Du coup, je me sens obligé d'expliquer un peu qui je suis, après les questions formatées, quand cela m'est nécessaire. Je dis bien "m'est nécessaire" car rien n'en ressort. Je repars et soliloque, mon dossier et mon échine un peu plus vieux.   

 

Un jour, on m'a fait faire un bilan de compétences. C'était un peu avant d'être estampillé "cas sos". Je me souviens si bien de ce matin-là. Les nuages étaient très sombres, j'ai pensé aux bouchons. C'était un matin de janvier. Il aurait fallu ne rien allumer, ne rien apprendre. Le tonnerre a éclaté dans la radio. Elle, elle n'a rien senti.  

Ces voix... Incapable de réfléchir, je suis parti en mode automatique. La psy de la boîte de reconversion à dû se demander pourquoi j'étais si émotif et comment elle allait dé-gondoler son questionnaire. Pour mon nez concurrentiel en ce début d'après-midi de celui du regretté Robert Dalban, elle ne pouvait rien faire non plus et semblait s'en contreficher. Je me contrefichais qu'elle s'en occupe. Elle a brièvement regardé les arbres bouger et le ciel. On ne regardait pas le même. Le roseau s'était brisé. Une autre mort s’est investie en moi. La noirceur s'est installée plus confortablement, elle savait qu'elle avait de la place et prospérerait de l'essence des soupirs. 

J'ai coché des cases, j'aurais pu dire n'importe quoi. Je ne l'ai pas fait, mais je me rappelle, cet après midi-là, ne plus avoir compris sur quel degré étaient à prendre des expressions élémentaires que l'on connaît depuis l'enfance. En quelques semaines, je n'ai rien appris sur moi. L'avenir avait perdu sa créativité. Sans doute avait-il vieilli aussi.     

  

« For some a hole has been ripped in the universe and we are lost (...) A rift has opened between those who know and those who don't » (Suzanne Moore)

D'autre roues se sont mises à tourner. Il y en a tellement qu'il n'y a plus d'obsession. 

 

 

 

 

 

La dépression, c'est aussi ses phrases qui s'envolent, ces lieux de n'importe où, n'importe quand, où on n'a plus aucune pudeur à parler de soi. Parce qu'on n'accorde aucun prix à ses mots avec ce sentiment que ceux-ci n'iront nulle part, que tout sera perdu dans quelques minutes. Ceux qui s'adressent à vous vous voient en regardant au travers et vous guère mieux. Vous parlez d’autre chose qu’eux. Vous répondez sans filtre parce que vous n'avez plus la force d'en poser. De toute façon, ils ne vous comprendront ni ne vous « sauront » jamais.

Pour ce qui m'importait, tous ces gens à qui je suis contraint de répondre, je ne donne que des puzzles minuscules dont il serait impossible de recréer l'image d'origine.

 

Comment vivre si longtemps. Ce n'est plus vivre, mais passer. C’est si long, d'autant plus que ça se répète.

En anglais, ils ont une belle expression : to pass away. Voilà, on traverse vers ailleurs. On décède, en fait, pour parler vertement. Enfin vertement. Je vous ai dit que j'étais cynique. Notons que "pass" a aussi un sens de réussite; d'aboutissement, donc. 

 

 

Je me rassois en face d'eux et leurs cravates. Certains sont aimables, attentifs, compréhensifs, d'autres ont des sourires grinçant, des paroles toutes faites d'une bêtise qui effraierait un requin marteau. Vous mourez de les assommer avec l’instrument de l'animal.  

Les raisonnables respectueux pensent peut-être « il est fou ». Penchent-ils vers cette version ou celle d'un excès de conscience ? Possible, mais quelle importance ?

Une vague gêne effleure de temps en temps : le non-sens général que je ressens me fait toujours autant souffrir. Le but n'existe plus. J'ai essayé d'en recréer, des buts, avec leurs têtes et leurs corps de rêve en nuages, mais ils s'effondrent, un par un attaqués aux cervicales. Encore un objectif qui tombe sous les balles. Alors à quoi bon. Ils me parlent, ces gens

Oh, ça n'est pas de leur faute.

J'ai même dégoté un CDD de 3 mois que j'ai mené à son terme. Puis un faux CDI dans secteur où je n'avais jamais mis les pieds. J'ai pour la première fois de ma vie connu l'humiliation d'être attendu dans un bureau à la première heure pour m'entendre dire « qu'on allait s'arrêter là ». Le mec, était revenu de ses congés exprès ! On s'était vus la veille, il était tout sourire, mais cela ne faisait pas encore officiellement 14 jours avant la rupture de la période de test. Il fallait tout faire dans les règles, au moins pour ça. Il m'avait dit s'ennuyer comme un "rat mort" en congés. J'ai vu ce matin-là sa façon d'enjoliver sa vie de rongeur. J'ai vu son sadisme. J'ai tu le tsunami qui m'agitait - spécialement quand il m'a demandé, avant de repartir : « ça va ? ». Je lui ai sorti proprement mes arguments la semaine suivante (il paraissait vital que cet homme coupe chaque semaine de ses vacances. Ou une paranoïa à mon encontre : « Que fait-il ? Travaille-t-il ? » Non ! On change de jour de visite pour la surprise si on est un tout petit peu malin). Il était scié. Il a reconnu. Ca m'a aidé, mais ne m'a avancé qu'à ne pas me déprécier. J'ai dû, grâce à sa combine, partir sans prime de précarité. Il fallait que j'abatte du travail quelque semaines. C'était tout. 

Il a quand même eu le culot de me lancer en grand seigneur : « je ne dirais rien de mal de vous » !!!??!

 

L'année suivante, le même employeur a offert un CDI à la même période. A cet homme, il n'arrivera rien, mais après un mois, en pleine période de test, il rompra le contrat de juillet-août de son actuel employé comme il l'a fait avec le mien, sans avoir à verser d'indemnités. Le manège se répétera jusqu'à sa retraite.

Tout est permis. CA, je ne l'avais jamais rencontré.

 

 

J'ai appris à déconstruire la déconstruction, à ne rien laisser tomber, même une page FB quand j'avais encore la connexion. C'est assez difficile, d'ailleurs, d'être à l'aise dans ces vies et ces photos si normales.

 

En 2017, j'ai rencontré la folie, la vraie, pas la mienne. Ca a été hard. Je jugeais, moi, (encore !) je l'avoue, ceux qui évitaient le contact avec elle.

Plus on est proche, plus ardu il est de ne plus échanger trois phrases censées face à quelqu'un qui se croit sain d'esprit et délire, devient même dangereux, aligne des couteaux, sales, pointus, longs. Vous passez pour monstrueux de vous protéger après avoir aidé, avant qu'enfin la vérité ne se montre au-delà de votre famille. Pas pour tous. 

 

Les bilans continuent. Je sais que quelques secondes après mon dos, ils regarderont leurs stylos ou leurs montres, tout à leurs affaires.

Je ne suis pas un souvenir, je suis une image oubliée, inaudible par trop de son.

Rien ne compte. Et pourtant, tout est vrai. Il n'y a pas un mot à retoucher dans ce que je relate. C'est ce que je m'exige encore : la vérité. Et encore même pas toute, mais ce qui est dit répond à ce mot : vrai.

Il n'y a plus le « moi » d'avant. Comment comprendre ? La force d'aller à l'essentiel me manque depuis longtemps.

Ce n'est pas un monde de caresses et ce qui est cassé se jette. Ou bien on accorde un temps. Et on se sent bien. D'ailleurs regardez, on ne parle qu'aux clochards qui ne pleurent pas, un moment et on se sent bien.

Je voulais bâtir. J'ai glissé sans y croire, parce que je perdais pied sans comprendre pourquoi, parce que les raisons déraisonnaient de toutes mes entreprises avec de moins en moins de plaisir long pour soutien fiable. C'est comme ça que tout est tombé. Tiraillé dans tous les sens, entre mes paroles sages auxquelles je n'ai pas eu le bon-sens de croire et les philosophies ignorées que j'ai découvertes trop tard. Maintenant, personne ne me regardera comme je suis pour me reprendre vers où j'aurais pu me rendre et me dire par où passer.

Le futur craque comme l'amour brûle de ne pas jaillir. Il y a bien une sortie qui ne fait pas mal ? Parce qu'ici, l'enfer a oublié de réglé ses thermostats. Ca remonte. C'est pour ça qu'il fait si chaud. Il paraît qu'ils n'ont plus de mécanos.

 

 

Il y a quelques mois, j'ai reçu une convocation. J'ai cru qu'il y avait erreur. J'ai essayé d'en rire. Mais non. C'était un foyer d'errants.

Je suis plus fort, puisque j'ai pu relever la tête.  

Dans ce coin de la ville, il y a depuis 2 ans un centre psychiatrique - je l'ai appris après.  

Dans la rue du lieu où j'étais attendu comme d'autres pour une nouvelle forme de mise au point, derrière une porte de voiture, un homme a surgi comme un diable rouge, a pissé fièrement et m'a appelé, sans doute pour que je l'imite.

 

J'ai regardé le centre des errants. Je suis entré.

 

 

Vous m’auriez connu. Tout ce qu’il y a de plus efficace, tout ce qu’il y a de plus aimable. Et je l’étais. Nous sommes des millions qui croyons choisir, ou perdons sans prise de décision. 

N’oubliez pas vos rêves, mais faites attention à vous.

 

 

Je ne cherche pas à plaire. Je ne fais plus rire, je n'ai plus de famille, mais j'ai quelques amis, je me suis rattaché à notre lien social.

Ils ne posent pas de questions. Mon pote m’a invité à boire un coup : « Salut Dany, viens, on va faire la pêche au futur.»

- Ah ! Le Pacifique, Jojo !

- Et les filles de l'Amérique ! 

- 'Me lâche pas, Jojo. ne fais pas le salaud. 

- Non. On va s'le faire, not' Pacifique ! 

 

 

 

 

                                                                  Corine 

 

 

 

 


 

 

 

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31/08/2018
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Une seconde de plus et...

 

 

Je suis réfléchie et étourdie, c'est entendu.

Ceci étant, quand on perd par deux fois des lettres (postales), que l'on met le sachet de glace du sac de surgelés dans le tiroir des clésIncertain, mieux vaut se garder de mots. Préférable est de les mettre au repos. 

La stabilité reviendra peut-être. 

 

 

Je vous quitte provisoirement sur cet humour tout symbolique :    

 

 

     T'es mort (lol).jpg

  Comme toujours, si quelqu'un sait connaît l'auteur de cette photo que j'aime beaucoup, je serais enchantée d'en connaître le nom et de l'ajouter ici - ou de retirer l'image (selon les droits, ou sa volonté).  

 

 

                                                                                  Corine 

 

 


16/08/2018
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Un merci d'un petit moustachu

 

                                     

Je vous remercie aussi de tout mon cœur de chat. 

 

Doux ronrons à tous ceux qui m'ont envoyé de belles pensées. 

 

Je laisse Corine faire l'intermédiaire. Je veux bien mettre la patte à la pâte, mais sur le clavier, je prends 3 touches à la fois et ça fait des soucis et des grands bruits de voix. J'ai failli envoyer des messages, des fois, avec plein de "z". C'est normal, c'est au bord, le "z". (l'ordinateur était neuf - je connais le mot, depuis le temps - j'avais voulu le sentir). 

 

 

 Frimousse facettes revu le 09.08.18.jpg

 

    Il paraît que je passe mieux en film qu'en photos, que tout mon caractère ne se montre pas sur les clichés. Je sais pas, je peux pas juger. Je sais pas si vous montrez tout votre caractère, vous les humains sur les photos, moi ça me stresse, ces appareils qui ont l'air de demander. On me dit que je suis drôle, mais que ça se voit pas là. Je le fais pas exprès. 

J'ai toujours été interrogateur devant les poêles, les robots ménagers. Tant que ce n'est pas un aspirateur. Qu'est-ce que c'est qu'un orage à côté d'un aspirateur dans des oreilles de chat ? Mais j'adore les cartons, même ceux qui contiennent ces engins grognons.   

 

Ces photos rassemblent plusieurs années. J'ai jamais été un poids lourd, mais ça se voyait pas avec les poils. Maintenant, ça se voit. 

Je vais vous expliquer un peu plus. Quand les inconnus me voient, ils disent des mots. "Beau", j'ai jamais su ce que ça voulait dire. Je ressemble à ma maman et mon papa biologiques, mes frères et sœurs, ils étaient pareils. Donc "beau", j'ai l'impression que ça ne m'appartient pas. C'est un hasard qu'on a tous rencontré. Je vois pas le mérite. 

Corine a toujours eu l'air de trouver elle aussi embarrassant qu'on s'arrête à ça. Parce que souvent, on ne me dit que ça. Alors elle s'empresse d'ajouter des aj... adjectifs, je crois qu'on dit. Elle me dit qu'ils ne sont que pour moi. 

 

 

Enfin voilà, c'est moi. Vous voyez mon aspect, ce sont des présentations. On me donne plein de surnoms, mais j'ai reconnu tout de suite mon prénom d'adoption, "Frimousse", qu'elle m'a donné un soir, Corine. Avant, on m'avait nommé "Baladin", mais j'ai pas trop compris. Ca ne m'interpellait pas. Trois syllabes (j'ai appris le mot comme ça) pour un nom de chat, c'est un peu long. Mais "Fri", ça fait 1 et "mousse", ça compte pour 1, parce que "sse", c'est muet. Il n'y a qu'un minuscule inconvénient : il arrive qu'on me prenne pour une femelle. "Une frimousse", il paraît que ça prête à confusion. Ca fait rien. Je ne suis pas confus et je ne souhaite pas confondre. Je ne suis pas susceptible et j'ai de la chance, on rétablit l'identité de mon genre pour moi.   

 

 

Pour ma personnalité, ben, des fois, dans des jeux, on demande aux gens ce qu'ils emporteraient comme objet dans un pays inconnu, ou une île déserte. 

Moi, ce serait la porte d’entrée que j'emporterais, si je pouvais. Parce que dans la porte d’entrée, il y a une boîte aux lettres. Loin derrière les proches que j’aime, c’est ce qu’il y a de plus joli à voir que je connais. Dès que j'entends le facteur, je me précipite pour regarder ce qui vient à l'intérieur de la maison. A part quand il sonne, le facteur. 

Comme c'est un rêve que j'ai, sur l'île déserte, il viendrait pour le courrier et on mangerait un bout tous ensemble avec le facteur. On serait pas beaucoup parce que c'est plus désert que ce serait et il faudrait changer d'aj..., adjectif (c'est déjà dur avec les conjugaisons).   

 

 

Je ne me permettrai pas de vous lécher le nez, mais je vous souhaite de beaux soleils et une très bonne nuit en attendant. Les pattes en rond, c'est la meilleure façon. On ne peut pas dire que comme tout chat, je ne donne pas l'exemple.Sourire J'ai jamais vu un chat prendre un comprimé. On fait des rêves de chats. Une nuit, je recevrai une porte, une boîte et des cartes postales en cadeau. 

J'aime bien ma vie. Il y a douleur dedans, mais il y a amour.

L'amour ne fait pas la guerre, mais c'est une arme contre ce qui fait mal. Tout le monde le sait. 

 

Ronrons. 

 

 

                                                             Frimousse (normalement pas bavard)

                                                             Coussinet F.jpg

 

                                                

 

 Frimousse dormant.jpg 

sans le "Métronome" de Mr Deutsch (mais les livres sont des présences calmes. J'aime bien). 

 

 


10/08/2018
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