Miss MiscellaneaCorine

Miss MiscellaneaCorine

Qui scruter ?

 

 

Pour qui votez-vous ?

Incertain

 

Larousse. "I", flap flap flap « isoler », « s’isoler ». : « aller quelque part pour être tranquille, à l’écart des autres ».

  

 

Quelle utilité pourraient encore avoir les isoloirs ? 

Pourquoi résister à ce qu’on nous demande, puisqu'on nous le demande ? Et donc dire pour qui on vote à un M (ou une Mme) Autrui qui ne souhaite pas attendre les résultats du scrutin. Car M Autrui veut savoir si on est un « gentil » ou un « méchant ». C’est plus fort que lui. Alors il scrute avant le scrutin. Ca le soulage. Et puis c’est ça, la Liberté.

Vous êtes en droit (?) de vous demander où s’arrêtera la Fraternité en cas de désaccord sur votre réponse. Sera-ce encore un bureau de vote, ou un saloon où on se fout des trempes ? A Egalité bien sûr Clin d'œil

 

 

Très bien. Supposons - sans admettre : un isoloir de nouvelle génération,

 

- la même posture, de dos, pour la forme de "l'anonymat" du vote,

 

- les petites étagères (40 cm x 15) sur lesquelles nos braves mains citoyennes brasseraient toujours, comme des cartes, des flyers politiques,

 

Et là où serait la révolution, mes frères :

- par le ralliement au "mystère" que l’on ne chercherait plus. Le moyen ? Par des rideaux-glasnosts !

Explication simple (et pure) : de simples rideaux de douche récupérés. Ecolo. Une Clarté citoyenne autour de nos gestes, de nos mains, de nos flyers ("tracts" pour les puristes) et de "nos" étagères, avec, en sus, un orifice sur le côté. Plus besoin de cacher, ni de s'exprimer. Ainsi, serait vu sans effort de discrétion, sans avoir à le dire non plus, le nom que nous glisserions dans l’enveloppe.

 

J'ai la vue trop courte.

Je hèle mes lunettes et y enchâsse mon nez. Nous voilà partis au galop dans l'aventure du futur :

pourquoi ne pas bannir les cabines (où pouvait se livrer la bataille du dernier doute personnel entre 2 candidats), entérinant ainsi une proposition avant gardiste de citoyens sans rideau, sans enveloppe, votant à la table nommée "de décharge" devant les assesseurs à la tâche depuis le petit matin et notre ami Autrui. Sans rideau de douche, nus, que nous serions. Nus et sans prendre de gant, chevauchant avec panache le risque du savon de noirs regards muets : encore un votant pas assez à gauche, pas assez à droite, pas assez au centre, trop vert, ou pas, exalté, mou, déviAAAant !

Malgré tout,                

* une signature,

* « a voté ! » (de la voix tonnante du président du bureau).

Et basta !

 

Contre toute réserve, mais apportant notre concours bienveillant à la préservation de nos richesses arboricoles, nous ferions fi de l'opulence traditionnelle et inutile de papier lors des élections et épargnerions à nos poches (ou nos sacs à main) l'éclatement abdominal, avant leurs délivrances de bulletins inutiles (dont 1 ou 2 nous ramèneront, revenus à notre domicile, aux barbares instincts de sauter à pieds joints sur le portrait de candidats, tiré pour rien, qui plus est).

Ce serait au moins ça. 

Last but not liste (jeu de mots équilibriste) : les bulletins délaissés en salle de vote seraient recyclés en pâte à papier de fibres homogènes.  

 

 

 

« Pour qui votez-vous ? »

Quelle question !

Pour ce qui me semble être le moins pire !

Que serait une réponse sans développement ? Nous n'en avons pas le temps, ni l'espace.

Nous déplacerions-nous, ce jour-là, arrachés aux plaisirs d'un dimanche pour faire campagne pour nos opinions ?

 

 

A compter que le candidat pour qui nous aimerions voter avec exubérance existe. Rien n'est moins sûr !

Une chose est certaine : je vote pour le libre arbitre ad vitam aeternam.

 

 

 

                                                     Coco Caporlan 

 

 

 

 


26/05/2019
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Caractères en photos

 

 

 

On pense se connaître soi, mais l'on se découvre toujours. Il y a des forces que l'on ne peut soupçonner malgré ce qu'on a pu nous vanter de notre capacité de résistance.

 

 

Qu'en est-il de ceux que l'on pense connaître ? Et de ceux que l'on connaît depuis toujours ?

 

 

Je ne suis pas très partante pour faire paraître les photos de famille, mais celles-ci, parce qu'elles datent d'un petit moment et parce qu'elles sont gaies me semblent valoir une exception.

 

 

Ma mère, que j'ai toujours connue si féminine et discrète, qui m'a toujours affirmé son détachement de Charlot dont je lui ai rebattu les oreilles pendant des années.... Innocent

 

La même, là :   Maman Charlot revue très jolie.jpg 

                  me montrant ce flagrant délit il y a 2 jours en fouillant dans ses affaires !

 

 

 

 

                                                     Une photo de mon père que personne ne se rappelle

                                                     avoir jamais vue (l'époque des culottes courtes, il

                                                     me l'avait racontée !) :

 

                                        Papa enfant photo rare pour blog.jpg

 

            Mon père, fantaisiste, jamais parti pour perdre, optimiste, battant jusqu'au bout.

 

 

 

Il était scientifiquement prévisible que ce qui devait arriver arriva. Un de leur 2 rejetons hérita d'un amour pour les déguisements :

 

Corine martiniquaise blog.jpg
C'est une de mes préférées.

J'aimais déjà le maquillage et considérais ce masque comme épanoui et parfait.

Aujourd'hui, elle m'amuse et me touche, cette photo. Je me souviens de ces jours heureux. A côté, dans l'album, il y en a une autre avec l'ombre du photographe.

 

 

Les photos ne volent pas nos esprits, comme le craignaient les Indiens d'autrefois voyant des barbares blancs s'amener avec ces appareils de malheur. Elles captent nos âmes. Le masque ne cache rien.

 

 

Allez, tout le monde prend son âme sous le coude et fonce dans la journée ! Bas les masques !

 

 

Coco décidée plage blog.png
Il y a quelques mois, je me suis entendu dire que je marchais d'un pas déterminé ! Bien que ne sachant pas encore nager lors de la photo, il semble que je l'avais déjà, mon pas déterminé !Rigolant C'était hier !!

 

 

                                                                               Coco Cap

 

 


18/05/2019
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Un palmarès

 

 

Je me désespère bien trop souvent de ce que j'entends quand j'appuie sur un bouton pour me détendre. 

 

C'est donc avec joie que je compte SIX titres que j'aime vraiment beaucoup cette année. Et je peux vous dire que ça doit faire longtemps que je n'en ai pas compté autant :

 

 

  • "La Grenade" de Clara Luciani de que j'avais repérée fortuitement fin janvier et que j'écoute à peu près tous les jours : 

 


 

Pouvons-nous nier que les chansons qui nous touchent le plus sont celles qui nous ressemblent ? Ne vous affolez pas comme ça. Je fonds sous "Le petit jardin" de Dutronc aussi.

 

 

 

 

  • Impossible de ne pas taper du pied sur ce rythme, ou de danser (tout dépend où l'on se trouve !) sur le « Come » de Jain  (sorti vers 2015, mais qui passe très souvent à la radio). J'aime beaucoup, beaucoup cette joie contagieuse :



 

 

 

 

"Pas eu le temps" de Patrick Bruel à côté de laquelle j'ai failli passer (j'ai décroché depuis "mon amant de St Jean), ce en quoi j'aurais été bien bête :

 

 

 

 

  • La très puissante « Toutes les machines ont un cœur » de Maelle, dont quelques paroles me font presque sortir un kleenex (ce qui explique que je ne l'écoute pas tous les jours) :

 

 

 

 

Angèle, dont j'aimais déjà bien "Tout oublier" en duo avec son frère, mais dont j'affectionne encore plus "Balance ton quoi ?" : succulent ! La chanson, le clip, le fond, tout ! Traiter un sujet pareil avec humour, il fallait le faire !

 


 

 

 

 

Et enfin, "On est les oubliés", de Gauvain Sers" : vraiment très belle, si forte, si juste. Les protestations, les dénonciations, les rébellions se font parfois à voix douce, avec une simple guitare.

 


 

 

 

Voilà mon palmarès chéri à moi, depuis Alister que j'ai découvert en novembre (dix ans après sa sortie, je le rappelle !!!).

Je suis vraiment heureuse lorsque je peux me dire que le plaisir d'écouter ne passe pas QUE par le passé.

J'ai tant de mal avec beaucoup de chansons cul-cul la praline portées par des chanteurs/ses sympathiques, ou pas, perruqué (s ? Je crois que je peux oublier le pluriel !), ou rasés, méchés, couettés. Puisqu'on en parle (!), je ne crois pas que Marie Myriam ait de cheveux à se faire. Le candidat français à l'Eurovision 2019 semble sympa, mais il a le don de m'agacer en misant tout sur ce qui a déjà été fait (la "différence") sur des paroles qui ne m'atteignent pas. Je ne le trouve pas spécialement excentrique, mais accessoirisé, arrivant au bon moment, assez populaire pour être choisi et, espérons pour lui, pas trop utilisé. Son cas est assez caractéristique : que l'on s'intéresse à ce concours ou non (je ne suis jamais au courant que du pays vainqueur, que j'oublie en quelques semaines), on ne peut en 24 heures éviter le fameux Bilal. C'est du matraquage : radio, télé, Youtube bien évidemment.

 

Mon adolescence, c'est l'époque de Marc Almond de Soft Cell (ah Soft Cell...) homosexuel sans moumoute et supra-talentueux, de Klaus Nomi, homosexuel sans moumoute et ultra-talentueux, de Boy George, homosexuel déguisé en fille (ah Boy George :-) qui innovait avec Culture club un genre (en travaillant ensemble des musiques différentes : pop, funk, reggae). Ils revendiquaient leur "différence", sans longe autour de la borne de leur identité. Les cordes sont parfois trop courtes, ça blesse à l'encolure et on ne sait pas toujours qui les tient. Il n'y avait plus d'ambiguïté, c'était clair, mais par-dessus la sympathie que l'on éprouvait pour eux, les mots de leurs chansons pouvaient concerner n'importe qui. 

 

Sans citer mon hypra-préféré à la vie à la mort (tellement évoqué), j'adorais aussi (rien à voir avec le "milieu gay", précision faite pour eux à compter que ça importe !!) Robert Palmer, Paul Young, Roland Orzabal, Les Cure, Marc Hollis (Talk Talk), etc, etc, etc.

 

Je n'ai jamais eu honte de mes goûts d'ado, au contraire, je les aime toujours. C'était des gens dont le talent tenait debout

 

 

Parmi les chanteurs gays de talent, je devrais citer Jimmy Somerville de Bronski Beat, mais mes oreilles lui en veulent encore de leur 1ère rencontre quand, bonasses et aimablement attentives, elles avaient laissé le son à fond jusqu'au strident "tell me whyyyyyyyyyyyyyyyyyy ?"SurprisPied de nez

Même si je n'ai jamais accroché (à sa voix), je le cite becôse hi woz Clin d'œil "One of a kind"

C'est ça qui fait ma préférence : ceux qui ne refont pas ce qui a été fait, ou le font différemment, ce à quoi s'ajoute la sincérité. Il ne s'agit pas toujours de celle de l'amour pour les gens, mais parfois, prioritairement, celle de la musique.

 

 

Ils nous ont mal habitués. On est exigeant. 

 

Et vous, votre palmarès parmi ces chansons, ou celles dont vous voudrez bien me parler ?

 

 

                                                                 Corine

 



 Ps : il y en sûrement d'autres, comme "Définitivement" de Marc Lavoine que j'ai déjà mis sur ce blog - dans ce pénibles circonstances -  terriblement belle.

 

 

 

 

 

 

 


17/05/2019
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Collage LumiOmbres

 

 

 

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                                                                                Coco Cap


14/04/2019
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Notre sang, ma chère

 

 

C'est marrant, ces gens qui vous suggèrent d’écrire des histoires de vampires. Quelle idée ! Pourquoi moi ?

 

 

 

 

Pourquoi pas un mélange de vécu, de fiction, de fantasmes, qui pourraient devenir lyriques et vampiriques. Qui pourraient. Comme je suis joueuse, que cette question se répétait (cf. "pré-lyrique"), elle me mit quelques idées en tête sur une forme de réponse. Allons-y sur un mode lyrique et vampirique.

 

 

Un vampire, ou une goule, on ne va pas s’embêter avec ces détails.

 

 

 

 

La terre promise, c’est une Rencontre.

Durant toutes ces années, j’avais gagné sur cet espace entre nous. Ce temps avait perdu nos fraîcheurs, mais avait rapporté nos cœurs magnifiques

J’ai mangé le corps de l’espace, j’ai bu le sang du temps. Tu ne connaissais que les coups, des larmes sèches, des larmes de moussons. J’ai léché ces eaux, j’ai vu ta gorge bouger, déglutir, avec prudence, doucement. Je me souviens quand tes yeux se sont levés, j’ai vu tes perles nouvelles, tes saphirs mouillés que ton humilité embellissait encore. Tu t’es lovée comme un animal qui sait qu’il n’a rien à craindre, qu’il n’y a ni domination, ni soumission.

 

 

Habituée à tes seigneurs accablants, tu t'étonnais que je ne te fasse pas de sermon, que je ne corrige rien en toi. Je ne comprenais pas ce qui te manquait, toi qui contrariais dans mon regard toutes les impossibilités. Il ne t’apparaissait pas que l’on rampait, qu’il n’y avait pas d’élévation, mais nos deux directions, ensemble. Notre demeure était l'obscurité, la seule où nous possédions la vue, dans notre obsession mutuelle, magnétique. On l’a certainement suggéré x fois mais il manque un “i” au mot amant.

  

Maîtresse, confidente, mère, père, gourou, le secours et l’amour, le plaisir sans la souffrance, que je te devais, sur ta peau de graines, tendue, blanche, si belle. Mes mots d’orge, les appelais-tu, d'or et de bière, nos mains glissant sur la paume ouverte du désir, dans l'odeur des alcools. Je te dévorais, ta vie s'en portait de plus belle.

 

 

 

 

Puis il y eut ces mélanges et ces confusions de libertés, ces succions mordantes, ces menus blafards de pensées carnivores. Les pensées, c'était bien différent. J’ai essayé de ne pas regarder quand j’avais le vertige de ce que nous creusions.

Nous étions-nous trop insupportablement indispensables pour que l'une ne tuât l'autre ?

 

 

Nous inter-changions nos places. Et puis toi, toi d'abord, toi par-dessus tout.

J’étais l’amuse-gueule, ou l'une de ces liqueurs qui finissent le repas, engourdissent les doutes, adoucissent les relents d’amertume que laissaient les ingrats définitifs qui te tenaient tête, toi qui avait pris de l’assurance à force d’être tant aimée. Tu te rinçais les dents dans ce goût liquide, penchait la tête en arrière avec volupté, quelques secondes. Je t'admirais, dans ta verticalité, cachée derrière ton sourire, mais frissonnais de cette froideur qui m’était inconnue. Tu aimais ce que je te donnais à voir. Ce portrait, j'y croyais probablement plus que toi, puisque tu en avais un besoin si constant, si dévorant ? Je ne sais maintenant si je l’embellissais. Toi, tes contradictions et tes excès, toi qui un jour me parla si fort des miens.

 

Il n’y a plus 36 solutions quand le déclin menace ; garder sa naïveté pour arme, ne pas sortir du somme. Ou mourir. Pour moi, c’était acté depuis longtemps. Tu étais le plus beau reflet de la vie telle qu'on l'entend, celle qui me manquait, mais que je hantais de ma malédiction. Tu étais le seul reflet que je ne fuyais jamais, celui qui s'insinuait en moi qui l'avait perdu. A nous deux, nous formions une émanation ressemblant à une vie. 

 

 

 

 

Ensuite, tu as su tourner les pages et mettre l’auteur au feu. J'aurais pu te tuer, comme les autres. J’adorais te protéger, me sentir meilleure, tu attirais cela. Ne plus en être capable fut aussi déchirant. Je ne voulais rien contrôler, mais m'illusionnais de t’entourer à moi seule. Personne n'avait été capable, de mon vivant ou de ma mort frauduleuse, d'opérer en moi une métamorphose de ce que je ne connaissais pas de moi. Qui d'autre que toi, qui m'entourais à toi seule ?

Je me suis sentie frustrée de me sentir durcir.

 

 

 

Alors, à quand remontait le premier jour où nous nous sommes devenues dangereuses ? Est-ce toi qui a tout décidé ? L’as-tu senti ? Je l’ignore.

Mes ailes à moi battaient, prises dans tes mains et mes larmes.

 

 

 

 

 

J’ai parfois des cauchemars où j’attire ta tête penchée, au-dessus de ta liqueur. Après ces mots, je t’embrasserai là où le cou palpite de ton cœur nouveau, ton cœur dénervé, te rendrai éternelle avant de te laisser. De ça aussi je m’étais empêchée, avec plaisir.

Tu ouvriras les yeux, mais comprendras après les nuits que sont l’éternité, le mythe de ce qu’est la jeunesse quand elle est trop longue et la rage que donne l’ennui et ces visages qui se répètent, celle de rester, rester. Tu comprendras que toute fin a un sens, lourd de fait. Que l’amour plein ne se trouve pas si souvent.

Je ne sais pas dire adieu.

Tout a été dit sur le sujet. Et pourtant, la mort est toujours nouvelle. Et peut-être tant mieux.

 

 

                                                                    Corine Caporlan 

 

 

 

 

 

 

 


29/03/2019
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Administratif et prosélytisme

 

 

 

 

Ce n'est pas que je veuille vous influencer, mais un conseil entre bons amis : tenez bien votre extrait de naissance à l'écart de votre assiette. Placez-le au sec, dans le placard, entre les céréales et les pâtes de votre choix. Ca conserve.

 

 

Soyez vigilant. Evitez. 

 

 

 

Il est extrêmement difficile, une fois ce bulletin avalé par mégarde, caché par votre serviette, ou par un processus naturel, de prouver que l'on est décédé. 

 

Ca vaut pas le coup. 

 

 

Des dialogues sans écoute, des courriers "ubuesques" - comme si ce monde ne l'était pas assez, sont ce qui attend votre veuve/f et vos descendants. 

Mais vous aussi, d'ailleurs ! Ne pensez pas que serez abstenu d'interpellations qui feront feu de tous bords ! Certainement pas ! Un acte de décès avec cachet de la mairie faisant foi n'y fera rien. Il faudra plusieurs échanges sur un semestre (probablement) avec photocopies pour que soit unanimement homologué ce que vous et les vôtres avaient admis avec une rudimentaire résignation : être trépassé.

En attendant, alors que vous dormez sous vos vases fleuris, vous continuez à être harcelé de paperasses en réponse à des lettres que vous n'avez jamais envoyées.

Un exemple, pris au hasard : "M Cap., nous avons bien pris connaissance de votre courrier du 09/02/19 (+ civilités d'usage). Nous nous tenons à votre disposition". 

Car ces gens ont fait des études aussi. Ils savent. Outre-tombe, si vous voulez être tranquille, reposez-vous. Ne faites pas des courriers comme ça, 9 jours après avoir déclaré forfait au processus vital. Ils ont bien lu. Ils n'ont pas prêté attention à la signature de la lettre du 09, faute de temps. Il faut les comprendre.

L'Administration aussi tient à vous. Elle a reçu votre acte final. Elle ne peut y croire. Elle vous écrit toujours. L'Administration sait tout. Vous ne l'avez pas saluée, or elle est très protocolaire et vous avez toujours été très poli. 

  

 

Voyez bien. 

 

Il est inutile de vous efforcer d'être discret. Ca vaut pas le coup. 

 

 

                                                         Corine 

 

 


22/03/2019
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Fuite en musique

 

 

 

 

Ca vaut le coup d'oreille (je ne vois pas pourquoi l'expression n'existe pas !) 

 

Un partage facile (mais le duo m'a agréablement surprise), en grande fan de Catherine Ringer. Ils sont juste parfaits dans cette version ré-actualisée d'une très bonne chanson de Lavilliers. 

 

 

 


16/03/2019
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Pré-lyrique

 

 

 

 

Ca n'est pas que je sache quoi vous raconter, mais je n'ai pas envie de laisser ce blog bâiller.

 

 

Il y a quelques années, j'écrivais beaucoup plus longuement, des pages, parfois par incapacité de choix. Je ne savais pas tailler. Je ne regrette de ces années-là que de ne pas avoir su poser une histoire achevée pour la relire ensuite et prendre le temps de soigner trois chers personnages. 

Peut-être savais-je que j'avais un penchant pour le lyrisme. Je ne m'en souviens plus. Toujours est-il qu'on me l'a dit.  

 

 

 

L'écriture vient-elle de la lecture ? Elle devrait. Je lisais peu - alors que j'ai toujours aimé. Je lis davantage, mais toujours pas assez à mon goût.

 

Des goûts et des odeurs. 

Si mon avis ne change pas, je ne suis pas moins capable de laisser un lustre passer avant de reprendre un auteur dont j'avais commencé à dévorer l'œuvre. Il y a tant à voir.... Je sais bien que je serai toujours lacunaire ! Mon premier grand amour de lecture fut Pagnol, n'en déplaise à ce malotru de Proust (pas Marcel, l'autre). J'ai tout de suite adoré Pagnol pour la chanson de son verbe, sa langue, sa poésie. J'ai profondément aimé l'odeur de ses satires, de ses drames, celle de ses collines. 

 

 

Lire demande, plus que du temps, une organisation. 

 

A l'instar de Proust (pas Gaspard, l'autre) longtemps, je me suis couchée. Vous aussi ? Voyez, on ne peut rien me cacher.

 

Mais tard.

 

Proust avait le talent de l'organisation de lire, mais aussi celui d'écrire. Il faut du culot pour avoir autant de chance. Proust était Proust. Il se trouve qu'il n'y a qu'un. Ca s'est vérifié. Et qu'il se couchait de bonne heure. On n'a pas été voir. 

IncertainMais il n'avait pas le choix ! Plusieurs expériences furent sans appel. Euphorique fêtard, Marcel fut longtemps un couche-tard. Les fêtes excitent et l'entrée dans le sommeil lui était malaisée. Il fit appel à ce dont on ne peut abuser.

Confondant la nuit et le jour, alors que ses esprits revenaient à l'éveil peu après avoir touché l'épaule de Morphée, il tapait doucement sur son réveille-matin (car c'était un doux) et poussait, dans un rêve qui le rattrapait déjà, sur ses jambes restées endormies. Alors que les songes lui laissaient croire qu'il se levait, il rejoignait le royaume de l'inertie.

Ce fut la raison de quelques rendez-vous manqués et d'une anxiété croissante. La peur de décevoir, vous comprenez. 

Son allégresse y perdit, mais il se coucha désormais de bonne heure.  

Et il se levait de bonne heureLangue tirée. L'échelle est longue pour descendre des rêves et du pernicieux "remède" aux insomnies.

On vous l'avait caché. C'est normal !

Il se peut que rien de tout cela ne soit vrai et que je ne sache rien de ses démêlés avec son réveille-matin. 

 

 

 

 

Longtemps j'ai chanté tard. J'ai vécu lyrique, j'ai lyré si do ? Non j'ai liré pansique, j'ai lancé pyrique, oh PRRRR... j'ai pensé lyrique ! Mes insomnies à moi me brouillent l'expression. Me dire que je l'on n'aimait pas mon lyrisme serait revenu à me dire que l'on me refusait telle que j'étais. Je ne forçais rien et respirais par ces émotions que certains aimaient, mais que tous ne comprenaient pas.

 

On a souvent peur de passer pour des c...  La falsification est monnaie courante.  « Ne soyons pas dupes » : une injonction familière si éloquente ! On fait confiance à l'acrimonie. Le cœur et la fougue passent moins bien. Il y a surchauffe. J'ai commis les deux. Je me passe amplement de l'âpreté. Je lui préfère l'ironie si "besoin" est, ou l'humour noir, ou bien la fiction.

 

Proust est couché depuis longtemps.

Lyrique... lyrics. J’aimais chanter.

 

 

Je suis attentive, mais je m'écoute aussi. Je taille quand je préfère, honnêtement, mais je "re-lyriquerai" forcément, tout aussi honnêtement ! Je n'aime pas les catégories. 

 

 

****************

 

Il y a quelques semaines, je me tenais devant une boîte à lire que je connais bien. Il ne restait qu'un seul livre. Ne prêtant attention qu'à la question qui travaillait ma curiosité : « pourquoi celui-là est-il resté ? Est-ce un hasard ? », j’en feuilletais les pages. Avant que je n'aie le temps d'aller plus loin, un homme s'est avancé vers moi, s'excusant pour me demander, un peu timide, un peu bafouillant quel type de littérature j'aimais et ce que je souhaiterais trouver dans cette boîte.

Quel type de littérature ?? Cette question si simple fut une colle. 

 

On dit que la vie défile quand on s'éteint. A cet instant, je m'abstins de m'éteindre (il faut se tenir, ça peut déstabiliser), mais ce furent mes rencontres avec les livres et nos silences sur le lit, dans l'herbe, sur une terrasse, dans les lieux publics, dans les transports qui passèrent devant mes yeux tandis que l'homme attendait une réponse inspirée.

Je sais ce que je cherche : l'émotion, les mots, une plume, un style qui me séduit, quoi de plus commun ? Je ne lui ai pas dit, c'est resté bêtement coincé. Je n'ai plus pu réfléchir devant son attente. 

 

 

Mais il m'a appris 1 chose : je n'aime pas UN style.

 

Me surprenant moi-même de ne pouvoir répondre, je n'ai trouvé qu'une réplique authentique sur les genres que je ne lis jamais, par conviction. 

Visiblement volontaire, comme il reposait la question dans l'autre sens, je lui ai cité deux noms tout en sachant que je ne lui répondais pas tout à fait, ces deux-là étant si dissemblables. 

 

Il sembla déçu. Une indécise regardant une caisse en bois, parcourant le seul livre qu'on y avait laissé, voilà celle qu'il avait devant lui !

Laissé ? Mais je ne sais toujours pas si on l'a abandonné, ce livre. Aucune raison à sa solitude ne sautait aux yeux.  

 

Il m'a donc appris 2 choses, ce monsieur :

je suis certaine de la solidité de mes inclinaisons après avoir passé en revue la courte liste de ce que j'ai volontairement écarté.

Mais un style, je n'en trouverai pas.

 

 

 

 

« Pousse au crime » j'aime bien cette expression de Lagerfeld. C'est ce qu'une fille à qui je n'avais pas donné de réponse non plus (volontairement, cette fois) m'avait incité à faire il y a quelque temps. « Et pourquoi pas une histoire de vampire, Corine ? ».

Un crime comme ça, ça n'est pas bien grave. Il se peut que le texte que j'écrivis ait été lyrique. 

To be continued. 

 

 

 

                                                                                     Corine  

 

 

 


12/03/2019
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Kaiser Lagerfeld

 

 

 J'avais oublié de dire 3 mots ici. 

 

 

 

 

                                               conception t shirt K Lagerfeld le 25.02.19.jpg 

                                              

 

 

 

Extrait d'un entretien d'"On n'est pas couché" (dont je regrette toujours que nous soyons privés des interventions de Natacha Polony), sur le narcissisme, Andy Warhol, le ridicule, les petites mains, Goethe : « faire un meilleur avenir avec des éléments élargis du passé » (magnifique), les bons mots, la (belle) curiosité, le jeu, l'esprit de contradiction. C'est un portrait plus copieux où les réponses fusent, comme toujours. 

 

 

Un tout petit avant-goût :  

K.L : c'est eux qui poussent le côté très "image" du personnage et tout, moi c'est presque gênant pour moi.

 

L.R : Oh ?

K.L : gênant, euh... Presque, j'ai dit !!RigolantClin d'œil

 

 Qui pouvait s'ennuyer en l'écoutant ?  

 

 

 

 

 

« Non, je n'écris pas mon autobiographie, je la vis » entend-t-on dans l'interview ci-dessus

 

 

Natacha Polony parle de paradoxes.

Oui et on peut lui en trouver partout : orgueil, lucidité ; éreintant, fragile ; en retrait, en surenchère ; spartiate, luxuriant, ... !

 

 

 

« Vous ne vous êtes jamais allongé ? », lui demanda une journaliste. 

 

« Ce sera définitif, dans ce cas-là » avait-il répondu.

 

 

 

A ce sujet, s'être dégagé et resplendir en dépit des vacheries d'une telle mère (il dirait « grâce aux ») est une thérapie réussie ! Il faut croire qu'il n'en rajoutait pas : un sacré niveau de narcissisme, très tôt, doit être nécessaire pour percer un trou dans des paroles maternelles de titane. Il ne s'est jamais départi de cette assurance : « elle avait raison, hein »

 

 

Bref, la mode, l'art plus largement, la culture perdent un colosse, mais ce qu'il y a d'encore pire avec Lagerfeld pour des gens comme moi, égoïste amoureuse du rire (chacun ses critères), c'est que le monde de l'Humour rétrécit de plusieurs tailles en un seul homme.

 

 

 

Une griffe

 

    et une dent. Quoi. 

 

 

 

                                                                 Corine  

 

 

 


28/02/2019
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Définitivement

 

 

  

 

 

Tu ne seras pas abandonné. Tu seras pensé, évoqué, on se rappellera tes frasques et tes bons mots. Nous réveillerons ton nom sans le gentil travers de l'idéalisation, mais sans rien oublier de ce que tu nous as donné. Si nous en étions incapables, nous serions tous moralement condamnables, à perpétuité, par défaut d'injustice.  

 

 

 

Jean C. 06/08/1929-31/01/2019 

 

 

Nous sommes le présent qu'il te reste. Tu demeures celui que tu es, sans données aléatoires, sans identifiant, sans tatouage administratif.

 

Comprends-tu à présent le chagrin que tu laisses, la place des mots morts-nés, et les empreintes d'humour... ?

Toi, définitivement. Libre complètement.

 

                                                                      Corine 

 

 

 

 

 


11/02/2019
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