Miss MiscellaneaCorine

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Pauvre tache d'eddy !

 

 

 

Pauvre tache. L'écœurement m'oblige à protester et à évoquer un artiste dont je n'aime pas vraiment parler, par une sorte de pudeur peut-être étrange. 

Je n'avais entendu que la fin du propos du gondolant Incertain Eddy Mitchell, en zappant. Je viens de voir la totale. 

 

Ce ne serait pas un blog, je dirais bien que le fion d'Eddy Mitchell souffre d'une carence de plumes. Ou qu'il faut procéder à un dégagement, qu'il y a eu un mauvais passage. Ah qu'est-ce que vous voulez, la grossièreté engendre la grossièreté. 

 

Mais il faut être polie, donc je ne me prononce pas. Vous n'avez rien lu. 

 

« David Bowie, un escroc avec une plume dans le c. et des cheveux en pétard » Je cite Mitchell. 

Les cheveux, je m'en fiche. Le c. de Bowie le regardait (ne pas en avoir fait un aussi considérable usage gêne peut-être Mitchell).

Le compositeur, chanteur (sur plusieurs registres de voix), musicien - saxophoniste avant tout - arrangeur, producteur, acteur(*), mime, peintre, qu'était "l'artiste caméléon" qui ne se fondait nulle part est tellement plus accessoire !

Si Eddy Mitchell l'a dit, c'est qu'il sait. Le respect avant tout.

 

Mais comme j'aime rire (là, moins), que je suis outrée, que c'est mon blog et que je n'aurais jamais eu d'intérêt soutenu pour la musique sans David Bowie avant, pendant, après ses périodes "tendance", je poursuis brièvement. Brièvement, comparé à l'énormité. 

 

 

Ne pas critiquer ce que l'on ne connaît pas doit faire de nous des introvertis pathologiques. C'est qu'un blog, donc une goutte d'eau dans ces mers virtuelles, mais que n'ai-je balancé un avis sur la carrière d'Elvis Presley  - que je connais mal - en ne parlant que de son poids ? Pour faire un mauvais jeu de mot, puisque nous plafonnons dans le bon goût, ce serait léger-léger et complètement stupide.   

 

 

 

 

 

De qui parle-t-il, Mitchell, le sait-il ? Il est capable de citer le tube "Let's dance" (difficile de faire autrement tant en 83, ce titre submergeait les radios). Donc, il connait bien. Bluffant !

 

 

J'essaie d'être aussi intègre que Sir Eddy (un gentleman) dans mon développement. Allons-y, on va voir si ça se tient.

Mitchell a travaillé avec Gainsbourg. 'Paraît qu'il était fan de l'emplumé du croupion, Gainsbourg (dixit Françoise Hardy qui ignorait ce détail aviaire mal placé, mais citait de bonne foi le nom). Fan ? Captivé, Gainsbourg, sans doute possible. Un "amour" vache était plus patent, dont il déposa le message dans la jolie bouche d'Adjani : « Tu sais que tu es, beau oui, comme Bowie...». Pas bien méchant, mais quel jeu de mots subtil ! Juste pour emmerder Mitchell, si l'on s'embarque sur des chicaneries, on peut causer du laxisme occasionnel de Gainsbourg qui reprit 3 mots de Verlaine et en ajouta à peu près autant, tournant en boucle. Mais il a raison Mitchell, il est impartial, Mitchell. Et puis, on reste en France. Moi aussi, j'aimais bien "Je suis venu te dire", quoique  préférant de très loin "Comment te dire adieu", ou Love on the beat", par exemple : ça, c'est grandiose ! Loin de D. Bowie. Si loin ? « Oh babe...(...) !» « I tell you, I said I want your love » (soit c'était mon imagination débridée, soit le final de "Love on the beat" contient une belle imitation, dans la dernière phrase masculine). 

Mais il faut se tenir loin de ce prestidigitateur aux yeux verrons, c'est loucheIncertain, c'est caca.  

 

 

Quel classe "monsieur" (Monsieur ?!?) Eddy de qualifier un définitif absent d'escroc avec des plumes dans le c... Ce ne sont pas tant les plumes, mais cette arrogance de qualifier cette carrière d'attrape-nigaud(s). C'est notre Keith Richard français, le Père Mitchell, mais sans drogue, mens sana in corpore sano, tout naturellement, la langue sur la gâchette, en vipère rieuse. Si encore il y avait un trait d'esprit ! Il cherche peut-être encore son chat, le Père Mitchell pour récupérer un chouia de finesse. 

Je n'attends que d'être ravie par les recherches abouties de cette "vieille canaille" jusqu'à son dernier souffle comme le fit ce dindon du rock (restons dans les plumes). 

Bowie n'aurait été que beau, nous aurions été nombreux à nous contenter de ses photos. Que d'économies aurais-je encore ! Mais à côté de quoi serais-je passée, surtout. 

Le succès de "Let's Dance", aussi intelligent était-il, ne pouvait pas être prévu par son auteur, comme les hits ne le sont pas. Il a su s'en servir, c'est différent. Et c'était bien Bowie :-) Il y aurait bien eu un autre adjectif, beaucoup plus sympathique à ce sujet, mais "escroc" est lamentable.  

 

Mais où la cigale Eddy-la cigale chantait elle quand Bowie bossait au Château d'Hérouville ? Quand sa maison de disques était paumée devant ses choix ? Quand il refusait de produire du pré-digéré, expérimentait ? Le blème, c'est qu'il trouvait, innovait, le feignant ! Un type qui ne se répète jamais, ça coince, ça agace. 

 

 

Il est tout à fait admissible (et légal !) d'aimer ou non un artiste, mais pas de lancer une phrase stupide qui ne recouvre rien, d'un air suffisant et doctoral. J'ai souvent pensé qu'on pouvait ne pas aimer les attitudes de David Bowie (par ailleurs tellement drôle), mais qu'il était impossible de ne pas tomber sous le charme d'au minimum une dizaine de titres. Bowie est le type même du délit de belle gueule. Et puis, ce culot de se servir de tout ce qu'il avait pour lui ! 'Y a pas, quand on est fair-play dans la vie, on le met en sourdine ?!

 

Mais je vous vois attentifs et haletants, alors continuons Innocent. Je ne crois même pas que Mitchell parlait de l'homme d'affaires qui mit ses actions en bourse (ce qui ne fit pas le bonheur de tout le monde. Soyons juste, on oublie très vite le Bowie ruiné au milieu des années 70 quand on évoque le businessman), ni d'un fréquent usage d'oxymores en début de carrière - sans pour autant s'en contenter.

DB était trop fier de son parcours pour se rabaisser à une commodité. Les débuts n'avaient pas été confortables, ni aisés, ni donnés. Mitchell n'a pas entendu ses mea-culpa souriants et fatalistes (sur 1 album). L'album de 1985 ne ressemble pas à celui de 1983, ni à celui de 1987. J'ai bien vu que l'on compilait, de 1983 à 1988.

Puis le groupe Tin Machine commercial ? "Outside" commercial ? Laisser-moi me gausser. Attendez, je m'étouffe et je reviens. Toute manœuvre n'est pas commerciale. Je n'ai pas dit qu'il fallait pleurer dessus, non plus.  

 

 

 

 

 

 

 

Me revoilà, un peu ré-oxygénée. 

Oh la reprise de "Fame" remixé ? Mais Mr Eddy connaissait-il sa création en 75 ? (en collaboration avec Lennon). 

Bowie a été récupéré par snobisme (je m'en souviens très bien), était selon ses propres dires "élitiste", mais cela ne l'a pas empêché d'être snobé. Selon les vents.

 

Si encore Mitchell avait préféré mettre l'accent sur la souche révolutionnaire des talents des années 70 que furent les Beatles, ça aurait été compréhensible - et parfaitement vrai. Mais non (pourtant de son époque !).  

 

Monsieur Eddy a une méthode de communication qui le fait maintenant connaître : tonitruante sur ce qu'il n'a JAMAIS écouté. Les provocations de Bowie étaient inventives, vivantes (même en 2018) celles de Mitchell sont aigres. 

Quel théâtre a introduit Eddy Mitchell dans la musique, où a t-il été fouiller ?

Doit-on se cacher qu'il nous donne une dernière séance entre deux farniente pour reparaître au programme ? 

 

Mitchell a dû entrevoir des films taillés sur mesure et les commentaires tout cuits. 

Mitchell il a vu un mec chanter "she says chhhhttt" et il a fermé l'écoute. 10 ans avant, il a vu une crête rose et il a coupé le visionnage. On lui donnerait une lessive à faire, Mr Eddy n'attendrait pas le linge pour appuyer sur le bouton. Pas d'étoffe, mais ça tourne. Pas de matière, mais il façonne à sa façon et se retourne pour voir s'il fait rire. 

 

 

  

Il y a quelques années, c'était Grand Corps Malade qui faisait « chier » Eddy Mitchell. C'est vrai, ça, un gros naze, Grand Corps Malade. Il a raison, le grand poète de Memphis. 

 

Monsieur Eddy a chanté quatre ou cinq bonnes chansons, s'est assoupi depuis longtemps, a fait rire (y compris moi) sur quelques films et vit de ses vacheries sonnantes et trébuchantes. Mr Eddy n'est pas commercial, non !!! Mais a bien compris le buzz. Ca fait vivre. Incorruptible Eddy.    

 

 

 

Une autre hypothèse, Mitchell est un mainate qui n'a pas saisi "I'm a rock and roll bitch for you". 

A côté du bagage de la provocation, il y avait d'autre malles et un talent génial chez David Bowie. Ce n'était pas un saint, loin de là, mais qui le lui aurait demandé ?

Il manque une couleur majeure depuis 2016. C'est bien parmi les chose auxquelles je ne me ferai jamais. 

 

 

 

 

Mitchell a ricané face à la journaliste qui a au moins cité "Rock and Roll Suicide" pour lui répondre. L'argument était parfait, mais la protestation était faible dans le ton et peu étayée. L'unanimité me semblait suspecte il y a quelques mois, mais entendre ça, c'est le ras des pâquerettes, la bêtise en plus. Le buzz a bourdonné. 

 

 

Qu'est devenu le prêtre de "Pas de Boogie Woogie" ? (« mes bien chers frères, mes bien chères sœurs, reprenez avec moi tous en cœur »)

 

Sorti de ce corps, un "humour" exorcisé qui ne va nulle part et ne vient surtout pas d'ailleurs.  

 

 

En plus qui me fait cochonner mon blog après un texte zen. J'aurais dû mettre un intercalaire. 

 

Je ne regretterai jamais mes mots, mais d'avoir entendu ces propos, et ce dégoût. Ca tache aussi. 

 

                                                                      Corine

 

 

 

 

 (*) qui ne se résume pas à "Furyo" ! (ne serait-ce qu'ici, on peut juger de la "nullité" de l'acteur sur un lien du 08/01/18). 

 

 

 

 

Pour nettoyer tout ça, le charme anglais qui chavira à juste titre Gainsbourg :

 


 

La plus adulée des Anglaises en France, à l'humour irrésistible. Je vais encore chipoter, c'est bien beau les rimes, mais où il a vu qu'elle avait le nez aquilin, Birkin ? STOP  !Rigolant

 

 



26/10/2018
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